Elle s’appelle Anne-Marcelle Schrameck. Elle fait partie des 72 femmes scientifiques dont le nom sera inscrit sur la frise de la tour Eiffel où figurent déjà ceux de scientifiques, que des hommes, que Gustave Eiffel avait fait graver à la construction du monument.

Les noms de ces dames illustres – qui doivent être soumis aux Académies des sciences, des technologies et de la médecine pour validation – ont été annoncés, lundi par la maire de Paris, Anne Hidalgo.

Elle réussit à rejoindre la France libre à Londres

Si aucune Ligérienne n’en fait partie, Anne-Marcelle Kahn (1898-1965), née à Paris dans une famille d’origine alsacienne, a une histoire avec le département, et plus précisément avec Saint-Étienne. Elle fut la première femme à intégrer l’École des Mines stéphanoise au terme de longues négociations, car l’établissement était réticent à l’accueillir et il a fallu en modifier le règlement pour y admettre les femmes.

Après l’obtention de son diplôme d’ingénieure en 1919, Anne Marcelle Schrameck travaille dans une usine de produits chimiques en Lorraine avant d’épouse en 1922 l’amiral Louis Kahn, qu’elle suivra à Brest puis Saïgon. Son mari évincé de l’armée en 1941 parce que juif, elle réussit à rejoindre la France libre à Londres en 1943 puis l’Espagne avec ses deux enfants sous une fausse identité.

Après la Libération, elle occupera des fonctions administratives à Alger puis au ministère des Affaires étrangères à Paris, où elle décédera en 1965.