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Les peintures rupestres du Comminges se révèlent être des contrefaçons. Découverte par la Société Méridionale de Spéléologie et de Préhistoire, cette fraude a causé des dommages irréversibles. Une enquête est en cours pour retrouver les auteurs.

Des peintures rupestres dans une grotte du Comminges ? C’est la stupéfiante découverte faite par la Société Méridionale de Spéléologie et de Préhistoire (SMSP) en août 2025. Le territoire, célèbre pour ses fossiles et ses nombreux sites archéologiques, recèlerait-il encore des secrets ? Pourtant, la joie des spéléologues s’est vite muée en amertume. « Ces peintures étaient des contrefaçons. Pire, leurs auteurs ont détruit des témoignages archéologiques essentiels à nos recherches », déplore Daniel Quettier, président de l’association.

Pour les membres de la SMSP, l’existence d’une telle cavité sur le secteur de Sengouagnet n’est pas une surprise. Traversé par la Garonne et ses affluents, le territoire présente une diversité géologique remarquable. Ces collines verdoyantes abritent un véritable « gruyère » souterrain, à l’image du réseau Félix-Trombe sur Herran et Arbas, qui compte près de 500 cavités, ou du massif de Sauveterre-de-Comminges avec ses 400 réseaux. S’il est fréquent que des promeneurs signalent des entrées naturelles, le scénario d’août 2025 est différent. « La proximité de certains gouffres avec les sentiers en fait malheureusement des cibles faciles. On y pénètre sans difficulté, ce qui attire des curieux mal intentionnés », explique le spéléologue.

Des visiteurs qui abiment les parois naturelles

Ce vandalisme prend des formes multiples : des pseudo-fresques réalisées à la bombe aérosol aux flèches de balisage servant à marquer un passage. Mais les dégâts dépassent l’esthétique. En pénétrant dans ces sanctuaires sans formation, les visiteurs détériorent ou subtilisent des éléments cruciaux pour la science.

Dans la grotte inspectée cet été, les experts ont trouvé des parois abîmées. Daniel Quettier dénonce une pratique en expansion : « Nous constatons des vols de concrétions — stalactites et stalagmites — à des fins décoratives, et même le commerce de cristaux d’aragonite arrachés à leur support calcaire. Certains tentent même des fouilles clandestines, ce qui est formellement interdit. »

Des zooms sur des zones qui ont été abimées

Des zooms sur des zones qui ont été abimées
Daniel Quettier

Abandonnant échelles et matériel d’escalade sur place, « les vandales » de Sengouagnet ont disparu. En réaction, une opération conjointe a été lancée avec le peloton de gendarmerie de haute montagne, le Service régional d’archéologie (SRA) et l’ONF afin de relever des indices dans plusieurs cavités du massif. L’association, soutenue par le Comité de spéléologie régional d’Occitanie, a porté plainte pour dégradation du milieu souterrain, de sa biodiversité et de son patrimoine minéralogique. L’enquête est en cours pour identifier les responsables de ces saccages.