La sensation de ne jamais être à sa place, la peur sourde d’être
démasqué… Derrière son nouveau roman Le Syndrome de
l’imposteur (Fayard), Olivier Delacroix
raconte un malaise très intime, que beaucoup taisent au bureau
comme à la maison.
Son héros, Théo Sorgues, évolue dans un milieu
violent des médias et tient un journal intime où tout vacille :
confiance en soi, vie de couple, relations familiales. Ce
personnage de fiction condense les doutes de milliers de lecteurs.
Comment repérer les signaux que lui ignore ?
Olivier Delacroix et Le Syndrome de l’imposteur : un
roman pour mettre des mots sur ce phénomène connu en
psychologie
Publié le 28 janvier 2026 chez Fayard en littérature française,
ce premier roman suit la plongée de Théo, journaliste, dans cette
spirale du doute. Olivier Delacroix résume son projet littéraire en
une phrase choc : « Le syndrome de l’imposteur, c’est vous, c’est
moi. Ce sont des femmes et des hommes qui se sont livrés sur le
manque de confiance en soi qui fait vaciller, parfois même à en
perdre la tête. Au
travail, en famille, en amour, le syndrome de l’imposteur nous
fait flirter avec le danger de chuter, mais il peut aussi nous
pousser à nous surpasser. Théo Sorgues en a souffert, c’est mon
héros. Il s’est battu contre les autres, mais aussi contre lui-même
dans le milieu violent des médias. Ce journal intime retrace ses
épreuves, ses doutes, sa résurrection. » Cette présentation du roman
est signée Olivier Delacroix.
Derrière la fiction, le roman parle d’un phénomène bien réel :
le syndrome de l’imposteur. Ce vécu psychologique
touche toutes les générations et ne figure pourtant dans aucun
manuel de maladies. On réussit, on est reconnu, mais intérieurement
on se sent frauduleux, presque coupable de tromper les autres.
Les principaux signes du syndrome de l’imposteur dans la vie
quotidienne
Nommer ces ressentis aide déjà à y voir plus clair. Décrit par
les psychologues Pauline Rose Clance et Suzanne Imes, ce phénomène
correspond à un doute persistant malgré des preuves de réussite.
Les études estiment qu’environ 60 à 70 % des personnes y sont
confrontées au moins une fois. Certains signes du syndrome
de l’imposteur reviennent souvent : expliquer ses succès
par la chance ou les autres ; minimiser tout ce que l’on fait ;
viser la perfection au prix du surmenage ; alterner
surinvestissement et procrastination ; refuser compliments et
promotions par peur d’être un jour démasqué.
Quels signaux doivent alerter au
travail, en famille ou en amour ?
Le doute devient problématique quand il envahit toutes les
sphères : au travail, on se surcharge ou on n’ose plus postuler ;
en famille, on ne se sent jamais assez bien comme parent ou
partenaire ; en amour, on redoute d’être quitté si l’autre découvre
une version de soi jugée indigne.
Si ces pensées durent, qu’elles entraînent un épuisement allant
jusqu’au burn-out, beaucoup consultent ou répondent à des
questionnaires comme le test de Clance. L’histoire de Théo offre un
miroir rassurant pour se reconnaître.
© Fayard