De notre envoyée spéciale à Melbourne

En ce mercredi 28 janvier, le soleil australien est bien présent, sans la chaleur étouffante des derniers jours. Les amoureux du tennis ont rendez-vous pour une grosse journée : Swiatek, Djokovic et Sinner seront sur le sol bleu du Grand Chelem de Melbourne. En qualité de spectateur français, plusieurs détails nous sautent aux yeux : où sont les chapeaux qui coûtent bien trop cher ? Les tenues chics et les mocassins à glands ? À l’Open d’Australie, le look est le dernier des soucis des visiteurs. Ici on n’est pas là pour jouer les m’as-tu-vu

Surnommé le « Happy Slam », le tournoi a de quoi faire rêver et promettre une ambiance incroyable. Déjà il se joue en plein été à l’autre bout du monde, sous un ciel bleu azur. Les fans sont décontractés, bière à la main, et se détendent entre deux marches en écoutant de la musique live et en courant de food truck en food truck pour profiter de la cuisine proposée. Bref, ce n’est pas pour rien que l’OA est souvent classé numéro 1 pour son organisation et son ambiance.

Dehors, l'ambiance est digne d'un festival. Dehors, l’ambiance est digne d’un festival.  - F.B/20 minutesEntre tongs et Foire du trône

Si on devait résumer en quelques mots l’ambiance australienne on dirait « Pas de chichis, juste du fun ! ». C’est exactement ce mood qui a séduit Mika un anglais qui enchaîne les Grands Chelems, « ici on dirait un festival, même si je suis Anglais je pense que c’est mon tournoi préféré. Paris c’est trop bourgeois, Wimbledon trop cher et les Américains ne respectent rien à l’US Open et cela sent le cannabis » souffle l’amateur de la balle jaune. Là où Roland se veut chic pour coller à l’imaginaire que l’on se fait sur la France, l’Open d’Australie a pris le contrepied. D’ailleurs aux pieds, les spectateurs portent des tongs, inconcevables au royaume de la terre battue. Robes à fleurs et tenues colorées viennent envahir les allées.

Outre l’incroyable décontraction des visiteurs, l’ambiance hors des courts de tennis surprend. Ici on se croirait au festival Lollapalooza avec une programmation musicale tous les soirs, des tonnes de marques prêtes à distribuer des goodies et vendre des produits dérivés spécialement créés pour le tournoi. « Le complexe est immense. Ils cherchent à attirer du public pour le tennis mais pas seulement. Il y a des enfants et leurs familles autour d’aires de jeux et des spectateurs qui viennent profiter de l’offre culinaire. Ce qui fait que les records d’affluence explosent cette année jour après jour. » nous explique Alix Vimal du Monteil, venue profiter du tournoi avec les supporters de l’association La Tribune Bleue. Pour les joueurs c’est le paradis, « l’Open d’Australie les chouchoute et est attentif à leurs demandes. Tout est facilement accessible, bien organisé et le restaurant est bon. Les joueurs sont au centre du tournoi et le ressentent. » poursuit la supportrice en fine connaisseuse. Mais pour certains fans, cette opulence de marque c’est too much, Michel un touriste français de passage souffle, « on se croirait à la Foire du Trône avec toutes ces marques ».

Les Français sont arrivés… Et l’ambiance a explosé

Mais si on oublie l’extérieur des courts et qu’on se concentre sur l’ambiance pendant les matchs, l’effet est différent. Pour cette journée qui a commencé par des oppositions entre Iga Swiatek et Elena Rybakina puis Jessica Pegula face à Amanda Anisimova, l’ambiance était très très silencieuse. Seulement ponctuée à quelques moments par des « Let’s go Iga » et « Come on Jessica ». C’est à ce moment que notre tournoi sur terre battue nous manque, personne pour lancer une ola ou un « popopopololo » entre deux échanges. « L’ambiance en France est différente. Comme l’a évoqué le joueur Alexander Bublik récemment, à Roland comme à Bercy, le public peut vite être bouillant pour encourager les Français. C’est notre passion qui s’exprime ainsi. On pourrait les comparer aux Brésiliens ou Chiliens, qui sont également forts pour mettre de l’ambiance. » affirme la fan française.

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Pour remédier à ce manque d’entrain, les Français de La Tribune Bleue se sont donnés rendez-vous pour supporter les frenchies à l’Open d’Australie, « Pour célébrer le dernier match à Melbourne de Gaël Monfils – contre un Australien – et sa dernière année de carrière, on s’est réuni sur un côté du court pour faire un contingent français. » sourit Alix, « sur le premier set, les Australiens étaient calmes et nous très en forme. Puis chacun a commencé à encourager ses joueurs, ce qui a donné une arène incroyable. Les Australiens ont même fini par reprendre certains de nos chants. ». C’est vrai que l’on a adoré l’ambiance autour des arènes, que le tournoi mise sur l’inclusivité, que les souvenirs proposés sont incroyables et qu’on se régale en prenant un bain de soleil, mais comme bien souvent, il manque toujours un ou plusieurs Français pour mettre l’ambiance et réveiller les spectateurs endormis devant la télé à l’autre bout du monde.