Rassurant, logique, excessif ou discriminant… Les avis divergent sur l’interdiction de circuler en trottinette électrique dans la zone piétonne d’Antigone, entrée en vigueur ce 26 janvier à Montpellier.
La circulation des trottinettes électriques et autres engins de déplacement motorisés est interdite dans la zone piétonne du quartier Antigone, depuis les échelles de la ville jusqu’au Lez. La mesure, annoncée mercredi dernier, est entrée en vigueur ce lundi 26 janvier. Si les verbalisations, déjà actives sur le secteur Comédie-Écusson, devaient attendre le 9 février, la signalétique a été posée sur les 800 mètres de ligne droite entre la sortie du centre commercial du Polygone et la place de l’Europe.
Le message pas totalement passé
Des panneaux qui ont échappé à Mathis, en route, sur sa trottinette électrique, vers la médiathèque Émile Zola. « Je ne savais pas que c’était interdit. Mais je comprends cette décision. Il peut aussi m’arriver de ne pas faire attention alors que ce sont des engins qui peuvent aller vite. Il y a des pistes cyclables, donc priorité aux piétons. Maintenant que je le sais, je changerais mon itinéraire », confit l’étudiant.
Un discours qui satisfait André, retraité et habitant du quartier, qui promène son chien à quelques mètres de là, place de Théssalie. « Pour une personne âgée, qui n’est plus très sûre de ses appuis, c’est une menace, reconnaît le riverain. Ce que ne comprennent pas toujours les pilotes de ces machines, c’est que la simple surprise de les voir débouler ou nous passer à côté, même à 20 km/h, peut nous déstabiliser et nous faire tomber. »
Sur les allées, on trouve peu de monde pour critiquer la mesure. Mais certains s’interrogent, comme Alexandre, sur le fait que les vélos électriques ne soient pas concernés par l’interdiction. « Je suis cycliste, mais la logique m’échappe. C’est la même vitesse, la même masse, la même capacité de freinage… Pourquoi cibler un moyen de déplacement plutôt qu’un autre ? » Pour ce restaurateur, c’est la zone qui interpelle.
« La sortie du Polygone, je comprends, il y a du monde. Mais ensuite, c’est large et tout droit, il y a de la visibilité, plaide le commerçant, qui craint l’impact de la mesure sur les livraisons de repas, souvent effectuées par des livreurs en trottinette. Le partage de la rue c’est une affaire de vivre ensemble. Pour une poignée d’irrespectueux, on va encore sanctionner le plus grand nombre ! »