La peine maximale a été requise envers le mis en cause, jugé pour la première fois depuis son extradition du Maroc. L’homme est accusé d’avoir piloté depuis les Émirats arabes unis des réseaux de trafic de stupéfiants.
La peine maximale de 10 ans de prison avec une mesure de sûreté des deux tiers et une amende de 500.000 euros ont été requises mercredi contre Karim Harrat, 37 ans, désigné comme «le chef d’une organisation criminelle mafieuse parfaitement hiérarchisée».
Karim Harrat, 37 ans, «basé à l’étranger, a fait arriver à Marseille des quantités pléthoriques de cannabis et de cocaïne pour abonder ses propres réseaux et ceux d’alliés ou d’amis, notamment dans la région niçoise», selon la procureur.
Devant le tribunal correctionnel, ce Marseillais qui s’était exilé à Dubaï avait contesté mardi la moindre implication dans le trafic. Évoquant «un réveil douloureux» pour les prévenus après le déchiffrage par les polices européennes de la messagerie Sky ECC, cryptée et réputée inviolable, les messages échangés ont été analysés par l’accusation comme «une plongée abyssale dans les arcanes de la criminalité organisée».
«Une gestion à la dure»
Les messages jugés par la procureur «tellement limpides, tellement probatoires», mettent en évidence une gestion au quotidien : approvisionnements, livraisons, récupération d’argent.
Le dossier reflète aussi la «folie des grandeurs du chef, son envie d’être le plus grand, le plus fort», a dit la procureur, citant un des messages : «La ville de Marseille m’appartient. Personne ne peut m’arrêter. Je veux tout le monde au garde à vous, même le gérant !»
Les échanges traduisent aussi, selon elle, «une gestion à la dure» avec la menace de «rafaler un commissariat ou une voiture de police», ou bien le risque pour un employé dont on veut se séparer de se retrouver nu et torturé dans une cave, «filmé pour servir d’exemple aux autres».
Les avocats de Karim Harrat plaideront la relaxe
Elle a estimé qu’en niant être surnommé «Le Rant», surnom associé aux trois téléphones utilisés par le patron de l’organisation, Karim Harrat «nie l’évidence tant les éléments apportés attestent incontestablement l’attribution de ces téléphones».
Elle a requis sept ans de prison contre trois autres prévenus, cadres de l’organisation, interlocuteurs et relais marseillais de Karim Harrat, dont l’un avait introduit sur la place marseillaise la technologie Sky ECC auprès de narcotrafiquants.
Ce rôle lui vaudra de comparaître à l’automne devant la cour d’assises de Paris qui jugera les responsables de Sky ECC. Alors que celui-ci a été remis en liberté, son avocat, Me Karim Bouguessa, a exhorté le tribunal de ne pas le renvoyer en prison, le jeune homme ayant tourné la page en reconnaissant son rôle.
Une peine de 10 ans de prison avec une mesure de sûreté aux deux tiers et une amende de 300.000 euros ont été réclamées contre le correspondant niçois du réseau, qui avait pris la fuite avant d’être interpellé. Les trois avocats de Karim Harrat devaient ensuite plaider la relaxe.