Alors qu’ils tentaient de se sevrer des hydrocarbures russes, les pays européens ont multiplié par quatre leurs importations de gaz naturel liquéfié américain depuis 2021. Ils paniquent désormais à l’idée d’avoir remplacé une dépendance par une autre.
L’UE, qui a remplacé en grande partie ses achats de gaz russe par du gaz naturel liquéfié (GNL) américain, commence à s’inquiéter de cette nouvelle dépendance aux États-Unis et doit songer à diversifier ses approvisionnements, a affirmé mercredi 28 janvier un responsable européen.
« Il y a une inquiétude grandissante, que je partage, liée au risque de remplacer une dépendance par une autre », a déclaré à des journalistes le commissaire à l’Énergie Dan Jorgensen.
« Les bouleversements géopolitiques consécutifs à la crise au Groenland ont (…) servi de signal d’alarme », a-t-il ajouté.
Les importations européennes de GNL américain ont été multipliées par quatre entre 2021 et 2025, passant de 21 milliards de mètres cubes en 2021 à 81 milliards en 2025, selon l’IEEFA, un centre de recherche américain. Aujourd’hui, les pays européens s’approvisionnent à près de 60% en GNL auprès des États-Unis.
Tentative de diversification
Selon le commissaire Dan Jorgensen, les répercussions de cette crise poussent l’UE à trouver d’autres pays dans le monde capables de lui fournir du GNL, pour qu’elle puisse diversifier ses approvisionnements. Elle discute notamment avec le Canada, le Qatar et l’Afrique du Nord, a-t-il détaillé.
Ces déclarations pourraient susciter l’ire de Washington, qui a déjà fait pression sur l’UE pour qu’elle interdise plus tôt que prévu ses importations de GNL russe. Les achats d’hydrocarbures américains faisaient aussi partie de l’accord passé entre l’Union européenne et Donald Trump en juillet dernier.
Alexandre Hezez : « D. Trump n’a peur de rien, sauf des taux »
Pour limiter les droits de douane à 15% sur leurs produits, les 27 ont consenti à acheter un total de 750 milliards de dollars d’hydrocarbures et de produits nucléaires américains d’ici à 2028. La ratification de cet accord a été gelée par le Parlement européen suite aux pressions du président américain pour prendre le contrôle du Groenland.