Des excréments étalés sur les murs, des cuvettes de toilettes brisées à coups de parpaings, des tuyaux d’évacuation arrachés, un ascenseur détérioré… Les parents des élèves du lycée général et technologique Jean Perrin et du lycée professionnel Louis-Jacques Goussier de Rezé, en Loire-Atlantique, ont reçu jeudi dernier un mail les informant de vandalisme dans les espaces communs où sont scolarisés leurs enfants.

Dans ce courrier, que 20 Minutes a pu consulter, la direction déplore « de très nombreuses détériorations », évoquant l’hypothèse « d’une surenchère » visant à « détruire au maximum les lieux ». Un petit jeu qui pourrait être, à en croire le mail, le résultat de « défis entre élèves », voire de mises en scène filmées et diffusées sur les réseaux sociaux.

Eternelles dégradations dans les sanitaires

Sur place, un agent d’entretien confirme l’ampleur des dégâts. « Nous avons toujours été confrontés à des dégradations dans les sanitaires mais cela s’est intensifié cette année », confie-t-il sans avancer d’explications face à cette recrudescence. « Nous ne pouvons pas certifier une hausse des dégradations dans les établissements de la région nantaise », nuance Fabienne Dubourg, secrétaire académique en Loire-Atlantique et membre du Syndicat National des Personnels de Direction de L’Éducation Nationale (SNPDEN). Et de préciser : « Cela a toujours existé et dépend généralement des groupes d’élèves présents d’une année à l’autre. »

Selon une membre de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) du département, le problème est loin d’être inédit. « La problématique sur l’état des sanitaires est récurrente dans tous les établissements, collèges comme lycées », résume-t-elle. Elle reconnaît toutefois la gravité des dégradations constatées dans les deux établissements rezéens.

Une tendance sur les réseaux sociaux ?

Devant l’un des établissements, les lycéens semblent également perplexes face à la théorie d’un défi sur les réseaux sociaux. Tous ont bien constaté les dégradations mais peinent à en expliquer l’origine. « Globalement, les sanitaires ne sont jamais dans un très bon état », insiste une lycéenne. Seule une élève de seconde évoque la piste d’une « tendance TikTok ».

Le proviseur des deux établissements, lui-même, refuse de s’avancer sur les causes de ces dégradations. « Les notions de défis et de réseaux sociaux ont été mentionnées entre parenthèses, il s’agit surtout de suppositions », tient-il à préciser. « Après l’envoi de notre mail, les parents se sont surtout inquiétés quant aux nombreuses dégradations et ont apporté leur soutien aux agents ». Les sanitaires concernés sont depuis réutilisables.

Notre dossier éducation

Contacté, le rectorat de l’académie de Nantes dit ne pas avoir été informé de la situation et affirme ne pas avoir entendu parler de « défis » similaires dans d’autres établissements de la région. Les lycées des alentours ne semblent pas avoir été touchés par une recrudescence de vandalisme.