Il reste moins de 50 jours avant le premier tour des municipales parisiennes. Pourtant, Sophia Chikirou demeure relativement discrète dans les médias. Créditée de 11 % d’intentions de vote dans le dernier sondage Ifop pour Le Parisien, la députée de Paris pourrait néanmoins devenir une sérieuse épine dans le pied de la majorité sortante si elle parvient à se hisser au second tour. Un scénario redouté par la liste conduite par le socialiste Emmanuel Grégoire.
Sur le bilan de l’équipe d’Anne Hidalgo en matière de logement, la candidate de La France insoumise ne mâche pas ses mots. Elle dénonce l’inaction de la majorité sortante, tant dans le parc privé que dans le logement social, et fait de cette thématique l’un des axes centraux de sa campagne. Sophia Chikirou dit vouloir s’attaquer à la spéculation immobilière et promet de faire « baisser les loyers » des Parisiens. Préemptions, réquisitions, encadrement des loyers, lutte contre les logements vacants et les meublés touristiques : elle détaille à Challenges les contours de son programme.
Challenges – Quelle est votre analyse de la crise du logement aujourd’hui à Paris ?
Sophia Chikirou – Je refuse qu’on parle de « crise du logement ». C’est un système qui a été structuré, tout particulièrement depuis 25 ans à Paris, et qui consiste à organiser la pénurie pour faire monter les prix du m2. Quand il y a moins de logements disponibles, ce sont des loyers plus élevés, des prix à l’achat inaccessibles et une rente immobilière toujours plus forte pour ceux qui possèdent déjà. En 1998, le taux d’effort d’un locataire parisien, c’est-à-dire la part de ses revenus qu’il consacre à son loyer, était de 24 %. Aujourd’hui, on est en moyenne à 35 %. Chez de très nombreuses familles monoparentales, chez les jeunes, les classes populaires, le taux d’effort dépasse les 50 %.
Ce que je dénonce, c’est ce système reposant sur des investisseurs spéculateurs, qui sont très souvent des fonds d’investissement basés dans des paradis fiscaux. Ils achètent à Paris, pas pour mettre en location ni pour de l’activité commerciale, mais pour placer leur argent. Qu’est-ce qui a été fait pour lutter contre ce phénomène depuis 25 ans ? Rien. Il y a aussi le problème des logements vacants : ils n’ont rien fait. A quel moment ont-ils mené le bras de fer avec la préfecture pour obtenir le droit de réquisition ? Nous, nous exigerons ce droit-là.
Vous dites vouloir déclarer « l’état d’urgence communale » ?