Par

Nicolas Stival

Publié le

28 janv. 2026 à 18h50

« Comme d’habitude : beaucoup de bla-bla et rien à la sortie ». Voici comment Maxime Raud, président de la Coordination rurale (CR) de la Haute-Garonne, résume la rencontre entre les représentants syndicaux des agriculteurs occitans et le préfet Pierre-André Durand, mardi 27 janvier 2026 dans l’après-midi. « Il nous dit qu’il est à l’écoute. Il fait remonter les informations, mais il n’y a rien qui redescend. » Voici ce qu’il faut savoir, au lendemain d’une journée marquée par des affrontements entre forces de l’ordre et manifestants au centre de Toulouse.

À côté du Mercosur ou d’autres dossiers comme la gestion de l’eau, la question de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) des bovins reste la mère des batailles pour les éleveurs, celle qui a mis le feu aux campagnes du Sud-Ouest depuis le mois de décembre. « Il y a des négociations avec l’Italie et l’Espagne pour qu’on puisse vendre les veaux vaccinés », relève Maxime Raud.

Pas de remise en cause du protocole d’abattage

Mais le changement de doctrine réclamé auprès des autorités par l’intersyndicale (CR, FDSEA, Jeunes Agriculteurs et Confédération paysanne) n’est toujours pas à l’ordre du jour. L’abattage total du troupeau reste toujours de mise dès qu’un animal tombe malade.

Le dernier cas de DNC en France remonte à début janvier, dans un élevage ariégeois. Mais les agriculteurs restent très inquiets. « Pour l’instant tout va bien, les vaches sont dans les bâtiments, il fait froid, observe le patron de la CR 31. Mais que va-t-il se passer au printemps ? »

La CR 31 parle de « lynchage » des manifestants

La réunion avec le préfet mardi a conclu une journée très agitée dans le centre de Toulouse. Des affrontements ont eu lieu entre manifestants et forces de l’ordre à proximité de la place Wilson sur les allées Roosevelt, devant le chantier de l’ancien cinéma UGC. « On ne crèvera pas en silence, promet Maxime Raud, toujours remonté au lendemain des événements. Se faire lyncher comme cela par les CRS, quand on est pacifistes, ce n’est pas possible. Et ça met encore plus de colère. »

Maxime Raud, président de la Coordination rurale 31.
Maxime Raud, président de la Coordination rurale 31 lors d’une manifestation à Fos (Haute-Garonne), à la frontière franco-espagnole, le 3 juin 2024. (©M. Laville / Actu Toulouse)

La préfecture a annoncé mardi soir sept interpellations pour autant de gardes à vue, dont cinq pour refus d’obtempérer aggravé (usage de tracteurs face aux forces de l’ordre avec mise en danger) et deux pour rébellion et violences aggravées sur forces de l’ordre.

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Des blessés des deux côtés

Selon Maxime Raud, un militant de la CR 09 était toujours en garde à vue mercredi en fin de matinée.

Par ailleurs, 16 personnes ont été verbalisées selon les autorités, qui ont comptabilisé quatre blessés parmi les forces de l’ordre. Des agriculteurs ont également été touchés dans les affrontements, notamment à la tête.

La manifestation n’est jamais partie

Dans un communiqué diffusé mardi à la mi-journée, la préfecture – qui avait autorisé une manifestation « en pédestre » mais interdit la circulation des engins agricoless’était jugée « trompée ». Dans sa ligne de mire : « la présence d’une trentaine de tracteurs qui ont convergé vers Toulouse » mais aussi le comportement des manifestants, contraires selon elles aux engagements signés.

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Le cortège rassemblé à 10 heures en haut des allées Jean-Jaurès aurait dû marcher jusqu’à la nouvelle cité administrative, dans le quartier Guillaumet. Il n’a en fait jamais quitté l’hypercentre, où un impressionnant dispositif policier barrait l’accès à la préfecture.

« Nous allons maintenir la pression »

« Nous sommes pacifistes et nous étions à pied, réplique Maxime Raud. Nous n’allions pas casser la vitre du préfet ! Nous sommes en discussion régulière avec la ville de Toulouse, et cela s’est toujours bien passé lors des manifestations de la CR. »

Comme après chaque événement similaire, la question se pose. Après les mobilisations des 7, 14 et 27 janvier, à quoi faut-il désormais s’attendre de la part des agriculteurs ? « Nous allons nous reposer un peu, les gars sont fatigués, constate le patron de la CR 31. Mais nous allons maintenir la pression. Et il ne faut pas croire que nous allons nous arrêter comme ça. »

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