Le 27 janvier, Florian Kobryn a dévoilé les 16 premiers noms qui composent la liste de la France insoumise pour les municipales à Strasbourg. Un « collectif de combat » résolument jeune, qui met en position éligible des personnalités issues des classes populaires. Petite particularité : la liste compte un ancien adjoint de Roland Ries et une ex-conseillère municipale déléguée à Schiltigheim, élue en 2014 sous la bannière de la droite et du centre.

22, 63, 16… Ce ne sont pas les numéros à mettre sur votre grille de bingo ce soir, mais bien le nombre de personnes présentées sur les listes des différent(e)s candidat(e)s aux municipales. Après Jeanne Barseghian et Catherine Trautmann, c’est au tour de Florian Kobryn de dévoiler ce 27 janvier les 16 premiers noms de la liste « Strasbourg Fière et Solidaire ».

Interrogé sur ce choix de seulement 16 personnes, le candidat LFI le justifie par une logique collective : « Une liste, c’est différents profils et lorsqu’on présente 67 personnes, on ne leur donne pas l’occasion de les présenter correctement en les noyant dans un nombre important. Échelonner les annonces, c’est se donner l’opportunité d’incarner ces différents visages. »

kobryn liste © Nicolas Kaspar / Pokaa

Un « collectif de combat » représentatif

Que racontent ces différents visages ? Déjà, la volonté de LFI de mettre en place un « collectif de combat », souhaitant « mettre fin à l’élitisme croissant des conseils municipaux » qu’elle veut rendre plus représentatifs. C’est pourquoi les 16 premiers noms représentent 13 quartiers strasbourgeois, dont 9 QPV, mais aussi tous les niveaux d’études et toutes les catégories sociales.

Ce collectif nous ressemble et ressemble à Strasbourg.

Florian Kobryn

kobryn liste © Nicolas Kaspar / Pokaa

Dans les profils, on retrouve un pâtissier-chocolatier, un directeur d’une association sportive, un expert en conseil et gestion immobilière, une enseignante, deux enseignants-chercheurs, un doctorant, une cheffe cuisinière intérimaire, une juriste, un libraire ou encore des travailleurs/ses sociaux/les. Comme le résume Florian Kobryn : « Ce collectif nous ressemble et ressemble à Strasbourg. »

Par ailleurs, la liste contient 7 ouvriers/ères et employé(e)s, et 8 personnes perçoivent un revenu inférieur à 1 500€. Une liste qui est aussi résolument jeune, avec une moyenne d’âge de 40 ans, avec 4 personnes de 30 ans ou moins. Là où converge néanmoins tout le monde, c’est sur la partie en lutte, puisque toutes les personnes inscrites sur cette liste sont engagées dans une association ou dans un syndicat.

kobryn liste © Document remis

Le défi de l’inexpérience… et de l’apprentissage

Si la liste comporte des profils divers, elle ne compte que peu d’élu(e)s ou de personnalités politiques. Benjamin Kuntz et Lisa Farault, les co-chef(fe)s de file de LFI, occupent les 3e et 4e positions, tandis que Sébastien Mas, ancien candidat NUPES en 2022, occupe lui la 7e. Par ailleurs, 5 personnes viennent de la « société civile », c’est-à-dire qu’elles ne font pas partie de LFI.

On porte un mandat de rupture donc on fera face a des vents contraires, et il faut s’y préparer.

Florian Kobryn

local kobryn © Nicolas Kaspar / Pokaa

Côté ancien(ne)s élu(e)s, Éric Schultz, propriétaire de la Tâche Noire, est à la 11e place, lui qui a été membre d’EELV, adjoint sous Roland Ries 1 et conseiller municipal sous Roland Ries 2. Pour l’anecdote, il a aussi été à la 8e place sur la liste de Catherine Trautmann en 2020, à une place d’être au conseil municipal. Enfin, Somhack Limphakdy (12) a fait partie de la liste victorieuse d’union de la droite et du centre de Jean-Marie Kutner en 2014 à Schiltigheim.

Pour combler cette inexpérience, surtout au vu de l’apprentissage (parfois) compliqué chez les Écologistes en 2020, Florian Kobryn et Halima Meneceur se veulent rassurant(e)s. Le duo explique que les personnes issues de la société civile seront formées : « C’est le cadre politique qui sera la réponse adaptée ; on a une charte qui définit la manière de travailler ensemble, la transparence pour sécuriser l’exercice du mandat. Il faut faire culture commune. »

kobryn liste © Nicolas Kaspar / Pokaa

Viser Catherine, Florian Kobryn ça ne lui fait pas peur

Dans cette heureuse et combative photo de famille, ce qui a pu marquer est le changement de stratégie politique de Florian Kobryn. Après ne pas avoir épargné les Écologistes, parfois au prix de polémiques, le candidat tire désormais vers Catherine Trautmann et Thierry Sother. Des représentant(e)s d’un « extrême-centre » qui, face à l’extrême droite, « prétend apporter les réponses aux maux qu’ils ont en partie créés. »

Des attaques à remettre dans le contexte national où le PS est jugé par LFI comme béquille de la macronie, mais également dans une atmosphère locale où Florian Kobryn sait qu’il ne pourra pas, à part immense surprise, gagner tout seul. L’hypothétique fusion s’organisera selon le rapport de force électoral, et LFI vise naturellement à passer en tête à gauche pour « bénéficier des meilleures conditions de négociations ». Il maintient toutefois qu’il ne transigera pas sur la place accordée à la société civile sur une hypothétique liste de fusion, concluant : « Ce sera aux Écologistes de se positionner. » Rendez-vous le 15 mars.