C’est tout un peuple jaune et noir complètement sonné et attristé qui a appris ce mardi l’annonce de l’hospitalisation et de la fin de carrière de Uini Atonio, véritable légende locale. Reportage.
« Je pense qu’il y a des milliers et des milliers de Rochelais qui ont eu un choc ce matin… » Thierry a les yeux rougis par l’émotion, ce mardi midi, attablé avec deux copains « Aux Vieux Crampons », le restaurant de la famille Elissalde situé à une cinquantaine de mètres du stade Marcel-Deflandre. Comme tout le peuple jaune et noir, cet habitué de l’enceinte rochelaise est resté scotché au téléphone quand un ami lui a appris l’hospitalisation pour un accident cardiaque et la fin de carrière prématurée de Uini Atonio. « On lui souhaite tous de se remettre… »
Tout au long de la journée, la nouvelle s’est propagée comme une trainée de poudre. Entraînant « la consternation », témoigne Patrice, autre fidèle de longue date du Stade rochelais et témoin depuis 2011 de l’histoire d’amour entre le natif de Nouvelle-Zélande et son club de toujours. « Tristesse, choc, émotion… C’est vraiment la consternation de voir notre Uini, un colosse et l’emblème du stade Rochelais, un insubmersible, être touché par ça. Il a fait grandir la Rochelle. C’est un grand monsieur, un chouchou de Deflandre. Il aurait pu faire deux ans de plus et la prochaine coupe du monde. C’est dur… On est de tout cœur avec lui. »
Les précédents Gourdon et Lacroix
« Surtout, c’est la soudaineté qui nous remplit de tristesse. Elle est terrible. » Abonné depuis 35 ans au Stade rochelais, président du club des supporters « Agir avec le XV rochelais », Laurent Leplomb est apparu totalement sonné, en fin de matinée. « Nous sommes totalement sidérés, les mots nous manquent. On y tient, à notre géant. On se dit que notre grand colosse n’apparaîtra plus sur les terrains, on se faisait une joie de le voir le 5 février contre l’Irlande dans un match extraordinaire. C’est vraiment une grosse émotion, un choc, ça nous rappelle les tristes fins de Kevin Gourdon (lui aussi contraint de mettre un terme à sa carrière pour un problème d’ordre cardiaque, NDLR) de « Gabi » Lacroix, deux joueurs qui, presque du jour au lendemain, ont été obligés de renoncer à leur passion. »
« On s’attendait à ce qu’il raccroche les crampons dans les années ou mois à venir, mais on ne s’attendait pas à une fin comme celle-ci, prolonge Sébastien, médusé, lui aussi inconditionnel du Stade rochelais et de Uini Atonio. C’est vraiment un choc mais on pense surtout à lui, à sa santé, à sa famille, parce que c’est surtout ça le plus important aujourd’hui, c’est qu’il aille bien qu’il se remette bien, que sa convalescence se passe bien et qu’il soit bien dans ses baskets. Je lui souhaite qu’il revienne en tant que coach mais, ça, ce sera plus tard. Là, il doit prendre soin de lui et de sa famille. »
Un premier « hommage » spontané dès samedi, à Deflandre
« Abasourdi » par la nouvelle, Axel, bien connu des joueurs maritimes pour faire toutes les réceptions et tous les déplacements ou presque depuis des lustres, « a mis un moment à (s)’en remettre, à penser à autre chose. » Tant le pilier droit aux 330 matchs avec le Stade rochelais et 68 sélections avec le XV de France « est bien plus qu’un joueur ici, c’est une légende du club ! Et on voit aujourd’hui avec tous les hommages rendus que son aura dépasse largement La Rochelle, et dépasse largement le terrain. Il a sa marque de bière, ses restaurants, des gens portent des casquettes et des pulls avec la tête de Uini dans La Rochelle. Son sourire marque, aussi. Et son côté comique, ses blagues, ses mimiques… »
Hasard du calendrier, un match de Top 14 est programmé dès samedi (16h35, La Rochelle-Lyon, 16e journée de Top 14), à Deflandre. L’émotion y sera sans doute intense, pour témoigner à Atonio le soutien de tout un peuple jaune et noir. « Je pense que c’est quand même lui rendre hommage – lui regardera le match depuis sa chambre d’hôpital – que d’essayer de donner le maximum. Même ce qu’on n’a pas, il faut le donner samedi, appuie Laurent Leplomb. Le tour d’honneur qui forcément se fera un jour (en sa présence), je pense qu’on aura tous les mains tellement rouges qu’on ne pourra plus les mettre dans les poches. » D’ici là, tout La Rochelle, à l’image de Mickaël, lui souhaite « un bon rétablissement. »