« Asalto avec un bon poto, on veut le magot, plata o plomo » : le choix du tube de Jul pour accompagner l’entrée de Benoît Payan, ce mercredi 28 janvier au théâtre de l’Odéon (1er), a donné le ton. Après avoir formé un cœur avec ses doigts et lentement fendu la foule, le maire (DVG) de Marseille a rejoint sur scène le patron du syndicat majoritaire à la mairie.

Patrick Rué, 72 ans dont 14 à la tête de Force ouvrière (FO) territoriaux, a fait la liste des avancées obtenues au cours du mandat : temps de travail dans les crèches et les écoles, primes… Et mis en avant ses revendications, comme la remunicipalisation des repas scolaires ou la hausse du tarif du ticket-resto.

Il a également réclamé la création d’une direction de la sécurité qui chapeauterait la police municipale : « Ce service va être amené à évoluer grandement, au vu des différents programmes » des candidats à la mairie qui promettent de doubler, voire tripler ses effectifs.

Les municipales, Patrick Rué en a aussi parlé pour contredire « les rumeurs » qui l’envoyaient sur la liste de Benoît Payan. Finalement, l’émondeur à la retraite postulera ce jeudi à un nouveau mandat dans ses fonctions syndicales.

Après des tensions, la détente

Réserve pré-électorale oblige, Benoît Payan n’a pas commenté cette annonce. Ni expliqué comment il allait doubler le nombre de cantonnier et d’éboueurs. Mais au-delà de la « personnalité à la fois attachante et débordante » de Patrick Rué, le message du maire s’est surtout adressé aux 800 adhérents présents et, à travers eux, aux 15 000 personnels municipaux. « Je ne serais rien si je n’avais pas les agents de la Ville de Marseille derrière moi », plaidait-il en surjouant un peu la modestie.

« Defferre, Gaudin… quel que soit le maire, la question c’est : est-ce qu’il nous donne des choses par envie ou par clientélisme ? », s’interrogeait, au fond de la salle, un responsable de section.

Car en 2020, la campagne du Printemps marseillais avait porté la promesse de mettre fin à un « système FO », qui en faisait l’interlocuteur quasi unique du maire. Après des tensions en début de mandat, l’heure semblait plutôt à la détente ce mercredi. Comme lorsque Patrick Rué donnait du « Joël » à Joël Canicave (PS).

Présent « à tous les vœux où je suis invité, comme l’Unsa ou la CFE-CGC », l’adjoint au personnel municipal et aux finances estime que la municipalité a fait bouger les lignes. Exemple au Comité d’action sociale où « nous avons fait entrer toutes les organisations syndicales ». Les œuvres sociales restent toutefois dirigées par la n° 2 de FO, Karima Frega.

Ce jeudi 29 janvier, ce sera au tour de Martine Vassal (DVD), en tant que présidente de la Métropole, d’être reçue au congrès de FO.