La réunion publique de clôture de l’enquête a montré que le projet Valame d’usine fixe de traitement de déchets amiantés sur le territoire de Languevoisin-Quiquery a fait réagir les élus du territoire et les habitants. Concernant les communes, les conseils municipaux des villages de Languevoisin-Quiquery, Breuil, Buverchy et Hombleux ont donné un avis négatif.
Elles justifient cette position par les risques sanitaires et environnementaux sur un projet sans équivalent en France, lié aussi à l’arrivée de FertigHy à proximité : “On va vivre dans une zone industrielle expérimentale. Et quand on lit le rapport sur l’étude de danger, cela fait peur “, a estimé Christine Zurich, maire de Languevoisin-Quiquery. Les autres collectivités (communauté de communes, département, région) n’ont pas (encore) délibérés.
Au niveau du public, 19 contributions ont été portées sur le registre numérique, pour un bilan de 6 avis favorables, 7 avis défavorables et 5 avis exprimant des réserves ou inquiétudes sans prise de position tranchée.
Au niveau des instances, l’Agence Régionale de Santé a émis un avis favorable au projet, sous réserve notamment d’un suivi expérimentale de l’amiante au niveau des habitations les plus exposées. Même chose du côté du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS), qui a demandé que l’intervention des sapeurs-pompiers soit facilitée. Enfin, l’autorité environnementale a notamment recommandé une étude sur le phénomène de dispersion de substance toxiques en cas d’incendie du stockage de déchets amiantés.
Des inquiétudes diverses
A la suite des observations des riverains lors de la première réunion publique et des recommandations des différents organismes, la société Valame a décidé de revoir sensiblement son projet.
Concernant la question des nuisances sonores et du bruit en général, l’entreprise doit respecter un niveau de bruit maximum fixé à 70 décibels en journée et à 60 décibels la nuit à la limite de propriété. Les modélisations acoustiques actuelles et futures, présentées par la société et effectuées par un bureau d’études, montrent un respect des normes maximums, de jour comme de nuit.
“On a pris les situations extrêmes, c’est-à-dire sans filtre sonore, sans capotage, pour voir jusqu’où on était en terme de mesure de bruits“, a indiqué la société. “Normalement, les bruits seront encore plus atténués puisqu’on a prévu de mettre des murs aux alentours de la tour aéroréfrigérante”, qui est l’équipement le plus brouillant de l’installation prévue.
Eviter tout rejet d’amiante
Lors des différentes réunions publiques, les opposants au projet ont mis en lumière le risque de rejets de particules d’amiantes dans l’air, exposant ainsi les habitants les plus proches du site.
Bien consciente des inquiétudes sur ce sujet, l’entreprise Valame a expliqué son plan d’actions pour y remédier : “L’usine sera un peu comme une boite (avec des zones sous confinement) qui va laisser passer et entrer l’air. Cet air sera filtré par des dispositifs d’extracteurs (un extracteur principal et un extracteur de secours) qui possèdent des filtres à très hautes efficacités, soit quasiment 100 %. Et en cas de problème, cela devient une boîte hermétique, il y a des clapets anti-retour qui vont se fermer automatiquement, sans avoir besoin d’une intervention humaine.”
Une surveillance sera en place 24h/24 et 7j/7. Des analyses de l’air seront également faites par une société indépendante. Enfin, a proposé un comité de suivi de site, avec la présence d’habitants, pour améliorer la transparence sur l’activité et le fonctionnement de l’entreprise.
Baisse de la consommation de l’eau
“L’eau, c’est précieux. On en est conscients ! “, a reconnu Régis Braun, directeur industriel chez Valame, annonçant que les crues exceptionnelles avaient été prises en compte. “Du coup, on a redimensionné notre bassin de stockage des eaux pluviales “.
Sur le fonctionnement de l’usine et la consommation en eau, le débit sera de 1500 m3/semaine, soit un besoin de 75 000 m3/an. “Pour limiter cette consommation, on travaille pour intégrer les eaux pluviales dans le procédé. Et on travaille sur la construction d’une station d’épuration interne de traitement des eaux “.
Une solution qui permettrait selon le directeur, d’être dans une démarche 0 rejets. “On veut absolument recycler notre eau, et être en boucle fermé. En résumé, on va prendre l’eau sur le réseau afin d’alimenter le process, la station fera le traitement pour la réutilisation de l’eau.” Une démarche qui ferait diminuer la consommation d’eau de 80 % (de 450 000 m3/an à 75 000 m³).
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