Le président américain Donald Trump a
annoncé une augmentation brutale des droits de douane sur les
voitures sud-coréennes, les portant à 25%. En cause : un Parlement
coréen qui traîne des pieds pour ratifier l’accord commercial
négocié l’été dernier.
L »impatience de
Donald Trump a fini par éclater au grand jour. Sur son réseau
Truth Social, le président américain n’a pas mâché ses mots :
puisque le Parlement coréen ne ratifie pas l’accord négocié entre
les deux pays, les droits de douane passent de 15 % à 25
%.
Visés : automobiles, bois de construction, produits
pharmaceutiques et autres importations coréennes. Une sanction qui
témoigne d’une certaine frustration, alors que Trump et le
président Lee Jae Myung s’étaient pourtant entendus dès juillet
dernier, avec une réaffirmation lors de la visite présidentielle
d’octobre en Corée du Sud.
Séoul pris de court mais prompt à réagir
Cet accord, négocié pendant plusieurs mois, devait permettre à
Séoul de bénéficier des mêmes conditions favorables que le
Japon ou l’Union européenne, avec un plafond de 15% de
surtaxe. En contrepartie, la Corée du Sud promettait un
investissement pharaonique de 350 milliards de dollars sur
le sol américain, dont 200 milliards en cash. Sans oublier
l’achat de 100 milliards de dollars de gaz naturel liquéfié
américain sur trois à quatre ans. Un deal gagnant-gagnant sur le
papier, mais qui bute visiblement sur les lourdeurs parlementaires
coréennes.
La réaction de Séoul traduit un certain embarras. La présidence
sud-coréenne a tenu à préciser qu’aucune notification officielle
n’était encore parvenue de Washington, tout en assurant vouloir
discuter « dès que possible ». Le ministre du Commerce Kim
Jung-kwan, actuellement au Canada, devrait d’ailleurs foncer vers
les États-Unis pour rencontrer son homologue Howard Lutnick.
L’industrie automobile coréenne dans la ligne de mire
Difficile de ne pas voir dans cette annonce une pression
calculée. Le marché américain représente la moitié des exportations
automobiles sud-coréennes, soit 27 % des exportations
totales du pays vers les États-Unis. Autant dire qu’une
taxe à 25 % pourrait sérieusement gripper la machine économique de
géants comme
Hyundai ou Kia.
Trump vise également le secteur naval, domaine dans lequel la
Corée du Sud règne en deuxième position mondiale derrière la Chine.
Washington, qui rêve de relancer ses propres chantiers navals,
compte bien profiter de l’accord pour remettre un pied dans ce
secteur stratégique.