Mi-janvier, Paul Lapeira a roulé en Espagne pour préparer la saison 2026. Ce n’était pas une habitude pour le Normand, qui débutait depuis trois ans en Australie, au Tour Down Under. Cette année, c’est au Grand Prix de Marseille-La Marseillaise que le coureur de Decathlon CMA CGM mettra son premier dossard. Pour DirectVelo, l’ancien Champion de France a fait le point avant une saison où il a une forte envie de briller sur les courses d’un jour du WorldTour.

DirectVelo : Comment juges-tu ta saison 2025 ?
Paul Lapeira : J’ai du mal à la juger. Sur la période où j’ai été disponible, je suis content de moi. J’ai été performant sur la durée. J’ai été présent du Tour de Suisse jusqu’à la fin de la saison. J’ai gagné à plusieurs reprises. Mais il y a la déception du début de saison, à cause de la blessure. Ce qui a été dur, c’est que ça a été inexpliqué. J’ai eu cette tendinite et on n’a pas vraiment su pourquoi. Je n’avais pas de durée d’absence. C’était un peu dur à gérer au début. Finalement, elle a traîné un mois. Le temps de s’entraîner normalement, ça a été long. Je n’ai pas pu courir de fin février à début mai.

« FINALEMENT, JE N’AI PU GAGNER QU’UNE SEULE FOIS AVEC LE MAILLOT »

Une période où tu aurais dû courir avec le maillot de Champion de France sur le dos…
C’était frustrant pour cela. Je ne l’aurai peut-être qu’une seule fois dans ma carrière. Il est dans mon armoire mais je n’ai pas envie de l’avoir juste à cet endroit (sourire). Finalement, je n’ai pu gagner qu’une seule fois avec le maillot (à la Polynormande, NDLR). 

Après ton excellente saison 2024, as-tu eu peur de ne pas retrouver ton niveau à cause de cette blessure ?
Quand tu es blessé, tu doutes sur pas mal de choses alors qu’il n’y avait pas vraiment de raison au final. C’est là que le travail mental est important. Ça compte d’être bien accompagné et dans l’équipe, on l’est. Je pense avoir bien géré cette période malgré quelques doutes. Ensuite, j’ai su être performant. Au Tour de Pologne, j’étais au meilleur niveau physique de ma carrière.

« JE ME DISAIS QUE C’ÉTAIT QUAND MÊME PAS MAL »

Tu dois avoir hâte de retrouver les Ardennaises !
J’ai envie d’être performant comme il y a deux ans sur ces courses-là. Il y a quelques jours, on en reparlait avec l’équipe et quand je regardais les classements, je me disais que c’était quand même pas mal ce que j’avais fait (5e de l’Amstel et 11e à Liège, NDLR). L’Amstel et la Flèche sont celles qui me conviennent le mieux, même si je ferai Liège évidemment. L’Amstel, je crois que je peux la gagner. Pour la Flèche, je n’ai jamais fait la montée de Huy à fond.

C’est un effort qui te correspond ?
Il y a un an, j’aurais répondu que je ne savais pas. Mais les deux courses que j’ai gagnées en 2025, c’est le même type d’effort. Je suis persuadé que je peux bien faire à la Flèche. Je suis motivé, j’ai des ambitions. L’objectif, c’est de gagner à l’avenir des épreuves d’une journée en WorldTour. Ça passe par ces courses-là. Comme il y a deux ans, j’irai préparer les Ardennaises au Tour du Pays basque (il avait gagné une étape, NDLR). C’est un plan qui me va bien. Le Pays basque est un peu trop dur pour moi mais je peux m’exprimer certains jours et ça fait bien bosser avant les Ardennaises.

« ÇA NE VEUT PAS DIRE QUE C’EST NÉGATIF »

Tu as un programme très français pour commencer la saison cette année…
Ces trois dernières années, j’ai fait l’Australie pour commencer la saison. Quand je voyais les images du Tour Down Under, j’étais un peu nostalgique. J’adore ça, mais je trouve ça cool de courir en France. Je vais commencer à La Marseillaise, qui sera importante avec l’arrivée de CMA CGM, l’Étoile de Bessèges, la Classic Var, le Tour des Alpes-Maritimes et la Drôme Classic qui me correspond bien. Ces courses-là ne sont pas très loin de chez moi (il habite près de Chambéry, NDLR). Les différentes dates permettent de bien s’entraîner entre les courses et de monter en puissance pour la Drôme puis les Strade. J’aime bien aussi le groupe qu’on a sur ces courses françaises, où on rigole bien.

Le groupe a beaucoup changé cet hiver, avec le départ de huit Français…
L’ouverture à l’international est nécessaire, mais c’est important de garder un esprit collectif et humain. On est au boulot mais il faut avoir de la cohésion. Et je suis positivement étonné de voir comment ça se passe. Les Belges ont une base de français, Olav (Kooij) a fait du français à l’école. Il ne le parle pas mais il comprend des trucs. S’il y a un non-francophone à table, on fait en sorte de parler en anglais. Clairement, on voit du changement mais ça ne veut pas dire que c’est négatif. Il y a beaucoup de bonnes choses faites dans l’équipe.