CRITIQUE – À Rouen, Marie-Ève Signeyrole revient aux fondamentaux tout en les adaptant. Et réussit à tenir le public en haleine avec sa mise en scène vivante.

On oublie parfois que l’Opéra de Rouen fut jadis un haut lieu wagnérien. Deux ans après un Tristan  hors norme, son directeur Loïc Lachenal y revient avec Le Vaisseau fantôme, un Wagner de jeunesse qui, par ses allers-retours entre monde d’ici-bas et univers des esprits, offre aux metteurs en scène un formidable terrain de jeu. Le choix de Marie-Ève Signeyrole se révèle une riche idée, tant elle confirme son talent pour animer un plateau et raconter une histoire en vous tenant en haleine. Son spectacle frappe d’abord par son caractère extrêmement vivant et prenant, mais aussi par sa capacité à faire exister chaque personnage dans ses interactions avec les autres, donnant aux soi-disant seconds rôles une épaisseur nouvelle.

On est happé dès l’ouverture, mise en scène comme un film catastrophe où les passagers d’une embarcation trop légère sont pris dans une tempête où certains, dont une enfant, vont mourir. On comprend qu’il s’agit de migrants que le passeur tentait d’acheminer : le…

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Le Figaro

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