A l’approche des élections municipales qui se tiendront les 15 et 22 mars prochains, le conseil municipal de la Ville de Saint-Etienne tenait sa dernière séance ce lundi 26 janvier. Parmi la soixantaine de délibérations à l’ordre du jour, le vote du budget primitif 2026, dans la lignée des orientations budgétaires présentées fin décembre.
Lundi 26 janvier se tenait le dernier conseil municipal de ce mandat. ©JT/ If Saint-Etienne
C’est désormais entouré de deux candidats aux prochaines élections municipales, Siham Labich et Marc Chassaubéné, que Jean-Pierre Berger, nouveau maire de Saint-Etienne, a présidé cette dernière séance du conseil municipal du mandat lundi après-midi.
Un mandat qu’il qualifiait lui-même de « très chaud » quelques heures plus tôt, lors de la conférence de presse d’avant conseil. Et pas uniquement à cause de « l’affaire ». Un mandat qui a en effet commencé avec la crise du Covid, et qui a été suivi par la hausse des coûts des matériaux et de l’énergie, la guerre en Ukraine, une inflation record… et qui s’est terminé par la condamnation du maire et l’élection de son 1er adjoint à sa place en décembre. Pas banal, en effet.
Dans la lignée du « Rob »
Parmi la soixantaine de délibérations à l’ordre du jour ce lundi, le vote du budget primitif 2026. « Ce budget est en droite ligne de celui des dernières années, notait Jean-Pierre Berger en conférence de presse. Il est important de terminer ce mandat dignement et de laisser à ceux qui nous suivrons les mêmes conditions ». Un budget similaire à celui présenté dans le Rapport d’orientation budgétaire (Rob) du mandat, débattu lors du dernier conseil municipal de 2025, le 19 décembre.
Une fois de plus, le budget a été établi dans un contexte national instable, sans que le budget de l’Etat n’ait été adopté, et un contexte international plus incertain encore. Ainsi, pour les dépenses de fonctionnement, comme annoncé dans le Rob, 285 millions d’euros – dont 179 millions d’euros de charges de personnel et 52 millions d’euros de charges générales – sont prévus. Côté recettes de fonctionnement, elles atteignent 315,6 millions d’euros – dont 147,2 millions d’euros de produit fiscal, 49,8 millions de reversement de Saint-Etienne Métropole et 49,8 millions d’euros de l’Etat.
L’adjointe aux finances, Nora Berroukeche, a noté l’impact de la hausse des cotisations au titre de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) de plus de trois points en 2026. Cela représente plus de 1,8 million d’euros de majoration qui vont se poursuivre les trois années suivantes. « La Ville doit faire preuve de prudence et d’anticipation ». Les recettes attendues seront également impactées bar une baisse de 700 000 euros de l’allocation compensatrice versée par l’Etat sur la taxe d’habitation.
Investissement stable, épargne en baisse
Sécurisé depuis 2021, l’encours total de la dette brute se monte à 232,8 millions d’euros, dont 80 % à taux fixe, avec une capacité de désendettement qui tombe à 7,5 ans, quand le seuil d’alerte est fixé à 12 ans. Comme prévu lors de la présentation du Rapport d’orientations budgétaires le mois dernier, le niveau d’investissement, qualifié d’ambitieux par Nora Berroukeche, s’élève à 55,3 millions d’euros, dont 39 millions seront consacrés à de nouveaux projets, quand 16 millions d’euros seront consacrés à la conservation du patrimoine. Un chiffre qui a fait réagir le groupe communiste, Michel Nebout ayant qualifié ce budget comme n’étant guidé par aucune ambition politique.
Isabelle Dumestre, du groupe Saint-Etienne Demain, a de son côté pointé une épargne nette en baisse, passant de 11 à 7 millions d’euros. « Où est passée cette hausse des impôts ? Même en ayant fait ce choix, on se retrouve avec une marge de manœuvre réduite ». Quant à Nicole Peycelon, à la tête du groupe Saint-Etienne Avant Tout, elle a regretté un budget qui ne privilégie pas « le quotidien des Stéphanois. Il ne suffit pas de faire porter la responsabilité aux autres. Aucune initiative supplémentaire dans la lutte contre les dépôts sauvages, rien de significatif côté sécurité. Rien pour doter notre ville de moyens nouveaux ». L’adjointe aux finances a rappelé que la hausse d’impôts avait été la seule depuis 2014, et décidée pour palier des contraintes. Avec une situation financière tendue pour les collectivités, Nora Berroukeche craint d’ailleurs un effet boule de neige.
Situation du Département : quelles conséquences ?
Jean-Pierre Berger reconnaît d’ailleurs que les budgets deviennent de plus en plus difficiles à équilibrer. Les contraintes imposées par l’Etat obligent en effet de nombreux partenaires de la Ville à revoir leur copie. Et les difficultés majeures rencontrées par le Département ne seront probablement pas sans conséquences sur les autres collectivités. Pour exemple, à Saint-Etienne, les structures d’éducation populaire (centres de loisirs, périscolaires, espaces pour la pratique du numérique, etc.) représentent un budget cumulé, toutes contributions confondues, de 10 millions d’euros dont 60 % sont portés par la Ville. Le reste est financé par la Caisse d’allocations familiales et le Département. Mais ce dernier a d’ores et déjà annoncé qu’il allait devoir faire des choix. Parmi eux, la baisse voire la suppression des Projets locaux d’animation.
« Nous sommes tous inquiets face à ces baisses de financement du Département, cela risque d’affaiblir ces structures, a souligné Jean-Pierre Berger. Nous comprenons parfaitement leurs difficultés. Si demain nous devions pallier ce manque, cela serait complexe sans une hausse d’impôts. Et si la Ville se substitue au Département, d’autres acteurs vont se retirer ».
A noter que la prochaine majorité héritera ainsi d’un budget annuel voté par la précédente, il est vrai – en partie – modifiable, en cours de route.