L’Allemagne poursuit son soutien à l’Afrique du Sud dans le cadre du Partenariat pour une transition énergétique juste (Just Energy Transition Partnership – JETP).

Selon les déclarations de Rainer Baake, envoyé spécial allemand pour le JETP, datant du 23 janvier, la première économie de l’UE discute avec Pretoria pour accorder un prêt concessionnel de 720 millions d’euros à ce programme. Une telle démarche, si elle était finalisée, porterait désormais l’engagement total envers le JETP sud-africain à 2,68 milliards d’euros contre 986 millions d’euros annoncés en 2021.

D’après le responsable, plus de 1,4 milliard d’euros ont déjà été décaissés. Selon M. Baake, cité par le site Engineering News, cette hausse répond à une demande soutenue des autorités sud-africaines pour des subventions et des financements concessionnels.

Ces deux mécanismes figurent au cœur du Plan d’investissement pour une transition énergétique juste (JET-IP), couvrant la période 2023-2027, et d’un coût total de 1 480 milliards de rands (plus de 77 milliards d’euros).

Les projets liés aux énergies renouvelables concentrent l’essentiel de cet intérêt, dans un contexte de réformes structurelles visant à libéraliser davantage le secteur électrique, à renforcer la concurrence et à attirer des capitaux privés.

Un soutien renforcé, malgré le retrait américain

L’engagement allemand illustre ainsi la volonté de Berlin de rester un pilier du financement climatique en Afrique, en particulier dans un pays comme l’Afrique du Sud, à la fois premier émetteur de CO₂ du continent et moteur industriel régional. Il arrive après la réaffirmation du soutien britannique au JETP sud-africain. Le 22 janvier, le Royaume-Uni avait annoncé la prolongation de sa garantie de dette climatique de 1 milliard de dollars (843 millions d’euros) en faveur de Pretoria. Cette garantie, approuvée dès 2023 mais restée jusque-là inutilisée, devait initialement expirer fin 2025.

Selon la Haute Commission britannique, citée par Bloomberg, cette extension devrait permettre, entre autres, le développement de nouvelles infrastructures à faibles émissions de carbone. Elle s’inscrit dans la contribution globale d’environ 1,5 milliard d’euros de Londres au JETP, aux côtés d’autres partenaires du Groupe des partenaires internationaux (GPI), dont la France, le Canada, le Japon et l’Union européenne.

Ces deux annonces constituent des signaux rassurants pour les autorités sud-africaines dans un contexte où le pays a enregistré en mars 2025 le retrait des États-Unis du partenariat, à la suite du retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, entraînant la perte d’un appui estimé à 880 millions d’euros.

Des enjeux structurels majeurs pour la transition sud-africaine

Malgré les progrès enregistrés dans le déploiement des énergies renouvelables, l’économie sud-africaine demeure fortement dépendante du charbon, qui assure encore près de 75% de la production électrique nationale. Alors que le système électrique a retrouvé une certaine stabilité depuis 2025, cela repose en grande partie sur l’amélioration des performances des centrales thermiques existantes, illustrant la difficulté d’un désengagement rapide du charbon à court et moyen terme.

Dans l’attente d’un soutien international plus massif, Pretoria mise sur le secteur privé pour accélérer l’ajout de nouvelles capacités renouvelables, notamment à travers des producteurs indépendants d’électricité (IPP) engagés dans des projets solaires et éoliens. Cette stratégie s’accompagne d’une refonte des cadres de planification. En octobre 2025, le gouvernement a ainsi annoncé la révision du Plan intégré des ressources énergétiques (Integrated Resource Plan – IRP), afin de mieux aligner les investissements avec les objectifs climatiques et de sécurité énergétique.

Cette nouvelle feuille de route prévoit un investissement total de 2 230 milliards de rands (environ 116 milliards d’euros) et l’ajout de 105 000 MW de capacités de production d’ici 2039, dont 11 270 MW de solaire photovoltaïque, 7 340 MW d’éolien, 6 000 MW de centrales à gaz et 5 200 MW de nucléaire.