L’année 2025 marquera un tournant
historique pour l’automobile en Europe.

Le marché automobile européen reprend un peu de souffle avec une
hausse de 1,8 %, mais il se transforme en profondeur. L’hybride
reste populaire, mais les moteurs thermiques s’effritent et ne
représentent plus qu’un tiers des ventes. Dans ce contexte,
Volkswagen et Renault tirent leur épingle du jeu, tandis que les
constructeurs chinois voient leurs ventes décoller.

Le moteur thermique a moins la cote

Aussi incroyable que cela puisse paraître, en 2025, les
voitures fonctionnant uniquement à l’essence ou au diesel ne pèsent
plus que 35,5 % des ventes en Europe
. En un an, elles ont
tout de même lâché dix points de part de marché. Le diesel, longtemps maître des
routes, s’enfonce un peu plus avec un recul de 24,2 %, tandis que
l’essence chute aussi de près de 19 %. Entre zones à faibles
émissions et flambée des prix à la pompe, les automobilistes
semblent tourner la page. Pendant ce temps, l’électrique accélère.
Les ventes de modèles à batterie bondissent de près de 30
%
grâce à l’Espagne qui enregistre une envolée de 77 %, et
l’Allemagne qui affiche une hausse de 43,2 %.

Cependant, la transition ne se fait pas sans filet de sécurité.
En réalité, la star incontestée reste l »hybride non
rechargeable (HEV)
. Avec 3,7 millions de ventes, c’est la
motorisation refuge par excellence, rassurante et économique. De
son côté, l’hybride rechargeable avance à
deux vitesses. Toujours bien accueilli à l’échelle européenne, il
marque en revanche un net repli en France, avec une baisse de 26 %.
Ce décrochage est révélateur d’un choix plus tranché des
automobilistes français, désormais enclins à se tourner soit vers
l’électrique, soit vers l’hybride classique, sans passer par
l’entre-deux.

Mi-figue mi-raisin

Si l’on change de focale pour observer les marques, le bilan de
cette année 2025 ressemble à un champ de bataille où les positions
bougent vite. Très vite. Le groupe Volkswagen, souvent critiqué
pour sa lourdeur, prouve qu’il a de la ressource en conservant sa
couronne, affichant même une hausse de 5,5 %. Mais
la belle histoire de l’année est sans doute à mettre au crédit de
Renault. Le constructeur français, troisième
force du plateau, enregistre une progression de 5,6 % grâce au
succès de la R5 E-Tech. À l’inverse, l’ambiance est morose
chez Stellantis qui voit ses volumes s’éroder de 4,7 %
.
Cependant, le véritable séisme se situe ailleurs. Il concerne
Tesla. La firme d’Elon Musk, qui semblait marcher sur l’eau, a bu
la tasse en 2025 avec une dégringolade de 38 % des
immatriculations.

Ce recul de l’Américain profite directement à
l’offensive chinoise
. SAIC, le premier vendeur de l’Empire
du Milieu, grimpe de 34 % et s’installe dans le top 10. Plus
impressionnant encore, BYD a tout
simplement triplé ses ventes en un an
. Notons aussi que le
marché global reprend des couleurs avec une hausse de 1,8 %,
totalisant 10,8 millions de voitures. Mais nous sommes encore très
loin des 15 millions d’unités qui s’écoulaient avant la pandémie de
Covid-19. Clairement, le marché s’est contracté. Les voitures sont
plus chères, et les ménages sont plus prudents. La France (-5 %),
l’Italie (-2,1 %) et la Belgique (-7,5 %) ont d’ailleurs vu leurs
volumes baisser, preuve que la reprise est fragile et inégale.