En ce début d’année 2026, il y a comme une amorce de redoux dans les relations entre les pays du Sahel et l’Europe, alors que la stagnation semblait la règle entre les deux partenaires ces trois dernières années.

Emmanuel Macron accueille aujourd’hui à l’Elysée son homologue tchadien, Mahamat Deby. Une visite qui survient après un an de tensions diplomatiques, avec pour point culminant la rupture de l’accord de coopération militaire liant les deux pays depuis 48 ans. Cette rencontre se tiendra “avec l’ambition de porter un partenariat renouvelé et mutuellement bénéfique”, précise l’Elysée dans un communiqué. 

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Peu avant l’annonce de la visite parisienne de Mahamat Deby, le représentant de l’Union européenne au Sahel Joao Cravinho, s’était rendu à Niamey le 20 janvier, à la rencontre du Premier ministre Ali Mahamane, dans “une approche renouvelée en direction du Sahel”, selon le diplomate européen.

Assistons-nous aux lueurs d’un véritable réchauffement diplomatique ou aux leurres d’un simple ajustement tactique dicté par la réalité du terrain ?

Dans les deux cas, explique à TRT Français Seidik Abba, essayiste et président du Centre international de réflexions et d’études sur le Sahel (Cires, think tank basé à Paris, Ndlr), “c’est le pragmatisme qui a pris le dessus par rapport à d’autres considérations”. Dans le cas du Tchad, ajoute-t-il, “il est évident que par le passé, la relation militaire avec la France a pu servir le régime du président Idriss Déby-Hitno”. 

La France opérait ainsi dans le renseignement militaire, la surveillance du territoire, la formation des militaires et l’équipement des troupes, d’après les informations de l’ambassade de France à N’djamena.

Dans le contexte actuel, la situation sécuritaire du Tchad s’est dégradée avec les risques de débordements du conflit soudanais. Au 25 avril 2025, les Nations-Unies ont  recensé au moins 770 000 réfugiés soudanais au Tchad, sur 1,3 million de personnes déplacées de force provenant des pays voisins comme la République centrafricaine et le Cameroun.

De plus, le 16 janvier dernier, le gouvernement tchadien a menacé de riposter après une incursion sur son territoire des Forces de Soutien Rapide (FSR) qui a coûté la vie à sept soldats dans l’Est du pays.

“Le Gouvernement met en garde, de façon solennelle et pour la dernière fois, les auteurs de cette attaque ainsi que leurs commanditaires”, a averti le ministre tchadien de la communication, Gassim Cherif Mahamat.