Capture d’écran Facebook
Après avoir alerté sur des complications graves liées aux implants anti-hernies, Arnaud Denis a porté plainte contre X pour blessures involontaires devant le parquet de Paris.
Début janvier, le comédien et metteur en scène Arnaud Denis confiait avec gravité son intention de mourir en ayant recours à l’euthanasie en Belgique. En cause ? Le calvaire et les souffrances physiques dont il ne peut se défaire depuis une opération cauchemardesque pour une hernie inguinale à l’été 2023.
Après avoir confié son intention de mettre fin à ses jours le 6 janvier, dans les colonnes de L’Est Républicain, l’homme de 42 ans a quand même choisi de porter ce combat devant la justice. Comme le rapporte BFMTV ce mercredi 28 janvier, l’acteur a déposé plainte contre X le 5 janvier pour « blessures involontaires ». Une plainte depuis confirmée par son avocat dans un communiqué.
Une manière pour lui de médiatiser davantage son histoire et ainsi permettre à d’autres victimes de graves complications médicales comme la sienne de voir leur souffrance reconnue et surtout prise en charge. Sa plainte, déposée au pôle de santé publique du parquet de Paris, retrace le calvaire qui l’a contraint à « abandonner son métier de comédien » et qui l’a laissé « dans un état d’invalidité sévère », comme en témoigne son avocat.
Descente aux enfers
Opéré en juillet 2023 pour une hernie de l’aine droite, décrite par Le Monde comme « une grosseur dans la région de l’aine, liée au passage le plus souvent d’une partie de l’intestin à travers la paroi abdominale », Arnaud Denis s’était fait implanter une prothèse anatomique Dextile en polypropylène.
Mais après l’intervention chirurgicale, il avait remarqué une dégradation physique particulièrement rapide. Et des douleurs chroniques sévères. Parmi elles, des « troubles neurologiques », « des troubles digestifs avec incapacité de se nourrir », des « troubles ORL, urologiques, cardiovasculaires, et une fatigue extrême l’ayant contraint à cesser toute activité professionnelle », comme le rapporte la chaîne d’info en citant la plainte de l’artiste français. Il aurait ainsi perdu 17 kg en l’espace de trois mois.
Certains spécialistes lui assurent alors que ses douleurs sont psychologiques. Jusqu’à ce qu’un chirurgien finisse par émettre l’hypothèse d’une intolérance au matériel et lui préconise une explantation de la prothèse. Finalement débarrassé de cette prothèse − fabriquée par l’entreprise Medtronic − en avril 2024, après une opération à 40 000 euros sur le sol américain, Arnaud Denis avait pu constater la disparition de certains maux. De quoi prouver, selon lui, que les douleurs étaient liées à cet implant et non à l’opération en elle-même. Mais les douleurs sont progressivement revenues et se sont même aggravées.
« La société Medtronic a reconnu dans un courrier adressé à Monsieur Arnaud Denis que l’implantation de dispositifs de renfort pariétaux était susceptible d’être la cause de douleurs chroniques et aiguës postopératoires, effet indésirable mentionné dans la notice d’utilisation du dispositif Dextile, destinée aux professionnels de santé », confie l’avocat du comédien parisien à BFMTV. « Or, cette notice est destinée aux professionnels de santé et non aux patients, qui ne reçoivent aucune information ».
Un combat pour les autres
Dans le flou mais conscient de faire face à « un scandale sanitaire silencieux », Arnaud Denis s’est donc mué en lanceur d’alerte. Il y a un an, Le Monde expliquait comment l’acteur avait progressivement fédéré plusieurs centaines d’autres victimes autour du groupe Facebook « Victimes françaises de prothèses de hernie ».
Le journal parlait alors d’une action de groupe « à l’échelle nationale » en préparation. Une démarche toujours envisagée puisque le conseil de l’acteur, Me Philippe Courtois, va déposer d’autres plaintes dans les prochains jours grâce aux nombreux témoignages d’effets indésirables liés aux implants contre des hernies à l’aine ou l’abdomen.
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Celui qui a été nommé trois fois aux Molières, dont une fois en 2025 pour la mise en scène des Liaisons dangereuses, expliquait toutefois que l’euthanasie était désormais sa seule échappatoire à la douleur. « Un homme sait profondément en lui quand il est condamné », disait-il à L’Est Républicain, en évoquant un choix « en pleine conscience ».
Cette plainte contre X confirme son ambition de lancer la bataille, même s’il n’y participera sans doute pas. Lucide, il confiait à ce propos ne pas pouvoir « aller au bout. Mais, je la laisse pour ma famille. Ce que je veux, c’est déposer plainte avant de partir. J’essaye de jeter mes dernières armes dans cette bataille »