Après plusieurs semaines d’intenses tractations, Nathalie Oziol (La France insoumise) est parvenue à élargir son socle avec l’objectif de battre le maire sortant socialiste Michaël Delafosse. Mais le programme est encore très flou…
« La gauche de rupture est enfin là ». Après des mois de tergiversations, Nathalie Oziol (La France insoumise) a présenté, ce mercredi 28 janvier, la coalition qui portera ses couleurs à Montpellier. Devant le kiosque Bosc, sur l’Esplanade Charles-de-Gaulle, Nathalie Oziol a présenté ses ralliements. À ses côtés : Julia Mignacca, récemment démissionnaire du parti Les Écologistes, Alenka Doulain (Cause Commune) et Kevin Hoareau (Génération. s). Une alliance qui affiche clairement son ambition : « Battre le maire sortant Michaël Delafosse (PS) », qui continue de caracoler en tête dans tous les sondages.
« Ce kiosque est un lieu symbolique. C’est ici que nous avons mené la campagne du Nouveau Front populaire », a déclaré Nathalie Oziol, comme pour y voir un futur signe de victoire. La députée insoumise assume porter « l’étendard du NFP à l’échelle locale » et appelle à « tourner la page du système PS ». Si le programme commun est encore très flou, voir balbutiant, la nouvelle union s’accorde sur quelques sujets convergents : le logement, l’opposition aux projets routiers (COM et Lien) et plus de « démocratie locale ». Le tout avec un marqueur politique : « Nous sommes la seule liste 100 % sans macroniste ».
Une recomposition politique assumée
Très attendue, Julia Mignacca a expliqué les raisons de son ralliement. Après sept années passées chez Les Écologistes (ex-EELV), dont elle était présidente du conseil fédéral, Julia Mignacca a, cette semaine, pris ses distances avec Jean-Louis Roumégas (Printemps montpelliérain) pour repartir au combat derrière LFI. « Au niveau national, s’allier avec le PS, béquille de la Macronie, était devenu impossible pour moi. Et laisser gagner Michaël Delafosse n’est pas une option », a-t-elle affirmé. Elle revendique une continuité des combats menés ces dernières années et appelle à « offrir de la qualité de vie à tous les habitants, pas seulement aux quartiers “instagrammables” ».
Alenka Doulain ne partira donc pas en tête de liste et rejoint également LFI après avoir porté le fer contre Delafosse et la majorité municipale durant près de six ans. « Nous avons démontré, avec Clothilde Ollier et Flora Labourier, qu’un autre projet est possible pour Montpellier », a-t-elle rappelé. Mais « il nous reste peu de temps », a prévenu l’élue. Questionnée sur son ralliement en 2020 auprès du milliardaire Mohed Altrad, c’est Nathalie Oziol qui est montée au front : « Altrad n’a jamais siégé. Ce qui compte, c’est le travail d’opposition constant d’Alenka face à Delafosse. »
Autre arrivée après avoir quitté la liste menée par le député Jean-Louis Roumégas : Kevin Hoareau (Génération. s), pour qui ce rassemblement était devenu indispensable. « Les promesses d’union n’ont pas été tenues. Il fallait créer une gauche de rupture, ce qui n’était pas possible avec le fonctionnement trop vertical du Printemps montpelliérain », a-t-il expliqué.
Le CSR et la gratuité des transports au cœur des débats
Outre l’union, des questions restent sensibles, notamment le combustible solide de récupération (CSR) à Garosud, présenté par certains comme « un incinérateur à plastiques » mais porté à l’échelle de la Métropole par le maire LFI de Grabels René Revol. Sur ce dossier, Nathalie Oziol a livré une réponse prudente : « Le sujet n’est pas si brûlant. Nous allons tout remettre à plat et consulter les Montpelliérains », évoquant un fiasco de la gestion des déchets imputable au PS. L’arrêt du projet voulu par Julia Mignacca n’est pas encore inscrit noir sur blanc.
Sur la gratuité des transports, la candidate a rappelé son maintien tout en critiquant l’application locale : « La gratuité à Montpellier s’est faite avec une offre et une qualité de service en forte baisse. Moins de bus, moins de tramways », a-t-elle dénoncé.
Entre promesses de rupture et réalités électorales, Nathalie Oziol et sa nouvelle coalition se lancent dans une course effrénée contre le temps… et le maire sortant.