Ces nouvelles mises en examen portent à six le nombre de suspects poursuivis dans l’information judiciaire ouverte le 29 juin par la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris.
Trois hommes et une femme ont été mis en examen ces derniers jours, soupçonnés d’être impliqués dans l’enlèvement en juin en plein Paris d’un banquier multimillionnaire ouzbek, a indiqué samedi le parquet, sollicité par l’AFP. Ces nouvelles mises en examen portent à six le nombre de suspects poursuivis dans l’information judiciaire ouverte le 29 juin par la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris.
L’affaire débute par une plainte, déposée le 24 juin. Kakhramonjon Olimov, «lié à la banque Anorbank» comme le décrit le parquet, dénonce «avoir été victime d’un enlèvement avec séquestration entre le 22 et le 23 juin» à Paris et en région niçoise. Dans un entretien au journal Le Monde, en juillet, le financier raconte avoir été approché par une femme, avoir accepté de la rejoindre dans un restaurant mais avoir été, sur le chemin, kidnappé.
Selon son récit, s’ensuivent des violences, un simulacre de pendaison, d’égorgement, des scènes d’humiliation filmées et des menaces de viol. M. Olimov assure avoir reconnu parmi ses kidnappeurs l’homme de confiance de l’un de ses ex-associés dans une importante banque, avec qui il est en conflit commercial. Il affirme aussi avoir signé une reconnaissance de dette de 5 millions de dollars, dont il a fait verser un acompte de 200.000 dollars, puis avoir été libéré.
«Relations mafieuses ouzbèques»
«L’enlèvement s’est produit dans le cadre de relations mafieuses ouzbèques», a estimé une source proche du dossier. «Le commanditaire connaissait la victime, avec qui il faisait des affaires et il y a eu un différend», a-t-elle avancé à l’AFP. Le 29 juin, un premier suspect est mis en examen puis écroué dans cette information judiciaire ouverte pour arrestation, enlèvement et séquestration en bande organisée, mais aussi pour extorsion en bande organisée avec arme et association de malfaiteurs criminelle. Le 24 juillet, une femme est interpellée en Turquie sur mandat d’arrêt international, selon le parquet.
C’est «l’appât» présumé, d’après une deuxième source proche du dossier. Remise à la France le 26 novembre, elle est mise en examen et écrouée. Entre les 16 et 20 janvier, quatre autres personnes ont été mises en examen, dont deux ont été placées en détention provisoire et deux sous contrôle judiciaire. L’une, «amie de l’appât», est accusée d’avoir été au courant du projet d’enlèvement, a appris l’AFP de sources proches du dossier. Un deuxième, d’avoir logé les malfaiteurs. Leurs avocates, Mes Camille Lucotte et Clothilde Humbert, n’ont pas souhaité commenter.
Un troisième suspect est soupçonné d’avoir joué le rôle de chauffeur, d’après les sources proches. Selon son avocat, Me Julien Fresnault, il «n’a commis aucune violence dans cette affaire». «L’instruction fera la part des choses sur le rôle de chacun et le contexte particulièrement flou de ces faits», a-t-il déclaré à l’AFP. Un quatrième a été arrêté «à l’aéroport de Nice, alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour la Géorgie», selon le parquet. Il a fait appel de sa détention provisoire.