En 2025, la demande mondiale d’or a atteint un record historique, dépassant 5.000 tonnes, portée par l’incertitude géopolitique et économique liée aux politiques de Donald Trump, poussant investisseurs et banques centrales à se réfugier massivement dans le métal jaune.
La demande d’or n’a jamais été aussi forte qu’en 2025 sur un an, les investisseurs et les banques centrales s’étant rués vers la valeur refuge pour se prémunir des politiques imprivisibles de Donald Trump, selon le rapport annuel du Conseil mondial de l’or (CMO) jeudi.
Les achats d’or en 2025 affichent des chiffres record – en volume comme en valeur – avec une demande dépassant les 5.000 tonnes et représentant 555 milliards de dollars, soit un montant en hausse de 45% en glissement annuel.
« L’incertitude » est le maître mot pour expliquer ces résultats mirobolants de l’or, selon Krishan Gopaul, expert du CMO, l’association qui représente les principales compagnies minières aurifères mondiales.
« Sur le plan géopolitique, les actions de la nouvelle administration Trump ont évidemment suscité des inquiétudes », affirme-t-il.
L’année 2025 a ainsi été marquée par un changement prononcé de la politique économique américaine, Washington ayant déclenché des guerres tarifaires contre ses partenaires commerciaux, notamment la Chine, l’Union européenne et l’Inde.
5.300 dollars l’once
Par ailleurs, aux États-Unis, le président américain a attaqué la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine, faisant craindre une dégradation de l’indépendance de l’institution et favorisant la dépréciation du dollar. Résultat, les banques centrales ont très largement continué à accroître leurs réserves d’or.
Malgré une légère baisse d’achats en volume par rapport à l’année précédente, la demande de métal jaune de ces institutions monétaires a augmenté de 13% en valeur entre 2025 et 2024.
L’or représente désormais plus de 20% des réserves des banques centrales (contre moins de 10% dans les années 2010), un pourcentage qui n’avait plus été atteint depuis le début des années 90, note le CMO, et une hausse qui s’est surtout faite au détriment du dollar.
La demande d’or a aussi bénéficié d’un engouement sans précédent pour les produits financiers adossés à son cours, les ETF.
Ces derniers se sont multipliés ces dernières années et « ont rendu l’or plus accessible à de nombreux investisseurs », en le rendant aussi simple à acheter qu’une action d’entreprise, sans avoir à le détenir soi-même, précise M. Gopaul.
Selon lui, les facteurs de hausse en 2025 seront encore à l’oeuvre en 2026 et « cet environnement continuera à favoriser la demande d’investissement ».
L’once d’or (qui on le rappelle repréente 31,1 grammes) a entamé 2026 avec des performances époustouflantes, atteignant mercredi un nouveau record, au-dessus de 5.300 dollars.