Derrière son pelage tricolore et son regard tranquille, Teamir n’est pas là pour faire joli. Ce berger australien de 18 mois fait partie intégrante d’un programme de médiation animale mis en place au sein du centre d’oxygénothérapie hyperbare de l’hôpital Roger-Salengro, rattaché au CHU de Lille. Une initiative encore rare en France, mais aux effets déjà très concrets.
Un chien au cœur des soins intensifs
Adopté par une soignante du service de médecine intensive et réanimation, Teamir intervient auprès de patients hospitalisés pour des plaies complexes, des soins lourds ou des amputations. Des situations médicales éprouvantes, où l’anxiété et la douleur sont omniprésentes.
« On sait, grâce à des études, que l’animal limite l’anxiété et possède des vertus antalgiques », explique Angélique Marescaux, cadre de santé. La présence du chien permet d’agir sur la dimension psychologique de la douleur, en offrant aux patients une parenthèse qui change complètement leur rapport au soin.

« Pendant vingt minutes, je n’ai pas eu mal »
Les retours parlent d’eux-mêmes. Un jeune patient amputé a confié n’avoir ressenti aucune douleur pendant une séance de médiation avec Teamir. Un autre, en grande détresse psychologique, a retrouvé un objectif simple mais vital : sortir de l’hôpital pour son chien.
Dans ce service de jour, près de 1 000 patients pourraient bénéficier chaque année de cette initiative, toujours sur prescription médicale. Pour le moment, Teamir est présent trois matinées par semaine, avec l’objectif d’une présence quotidienne d’ici fin 2026, dans un cadre strictement encadré pour préserver son bien-être.
Une médiation animale soigneusement encadrée
Pour évoluer en milieu hospitalier, Teamir a suivi une formation spécifique auprès du centre de développement de la relation homme-animal-nature À l’évidence, basé près de Lille. Désensibilisation aux bruits, aux odeurs, aux allées et venues médicales : rien n’a été laissé au hasard.
Quatre professionnels volontaires ont également été formés pour accompagner le chien et apprendre à reconnaître ses signaux de fatigue ou de stress. « Il faut savoir lire le chien », rappelle la comportementaliste Sarah Dharancy. Pas de câlinothérapie improvisée : Teamir travaille deux fois deux heures par jour maximum, avec des temps de repos bien définis.
Une initiative encore rare à l’hôpital
Si la médiation animale se développe progressivement en France, la présence d’un chien “soignant” dans un service hospitalier reste exceptionnelle. À Lille, cette démarche s’inscrit dans une dynamique plus large autour de la santé mentale et du mieux-être des patients, un sujet de plus en plus pris au sérieux dans les établissements de soins.
Soutenue notamment par la Fondation APICIL et l’association des Blouses Roses, l’initiative lilloise pourrait bien inspirer d’autres hôpitaux. Une chose est sûre : à Roger-Salengro, Teamir a déjà trouvé sa place.
Sources : Le Parisien, France 3 Régions