© RTE – Le Parlement a validé la nomination de Xavier Piechaczyk à la tête de la RATP, au moment où l’entreprise affronte l’ouverture à la concurrence en Île-de-France.
La RATP a un nouveau PDG. Xavier Piechaczyk, actuel président du gestionnaire du réseau électrique à haute tension RTE, a reçu mercredi l’aval des deux chambres du Parlement pour prendre la tête du groupe public de transports.
Âgé de 56 ans, le candidat proposé par Emmanuel Macron a obtenu 74 % de votes favorables au sein de la commission du développement durable du Sénat, et 65 % à l’Assemblée nationale, selon les résultats transmis à l’AFP.
Un large soutien parlementaire
Si l’on ne retient que les suffrages exprimés par les élus présents, le score apparaît encore plus net. Xavier Piechaczyk a recueilli 28 voix sur 32 au Sénat (87,5 %) et 30 sur 38 à l’Assemblée (79 %), soit un taux d’adhésion global de 83 %, avec 17 % de votes contre.
Après validation en conseil des ministres, cet ingénieur des Ponts, passé par les cabinets de Matignon et de l’Élysée, succèdera officiellement à Jean Castex, ancien Premier ministre nommé à la tête de la SNCF début novembre.
Continuité sociale et priorité à la sécurité
Devant les députés, Xavier Piechaczyk a dit vouloir « poursuivre le travail développé par Jean Castex » en matière de dialogue social et d’attractivité des métiers, tout en insistant sur la nécessité de renforcer la sécurité dans les transports.
« Huit actes de violence par jour sur un réseau RER ou sur un réseau métro, ce n’est pas satisfaisant », a-t-il déclaré, évoquant la sûreté des voyageurs comme celle des personnels.
La RATP emploie aujourd’hui 73 000 salariés dans le monde, dont plus de 40 000 en France.
L’épreuve de la concurrence
Historiquement en situation de monopole sur son territoire, l’entreprise publique est désormais confrontée à l’ouverture progressive à la concurrence en Île-de-France.
L’exploitation de l’ensemble du réseau de bus francilien a déjà été ouverte l’an dernier. Si la RATP a perdu certains marchés, elle a conservé la gestion de 70 % des lots ouverts à la concurrence par Île-de-France Mobilités (IDFM), l’autorité organisatrice des transports régionaux.
« Le premier travail du PDG est d’être attentif aux conditions précises de transfert et de travail » des salariés concernés, a souligné Xavier Piechaczyk devant les députés.
Des bascules sociales sous surveillance à la RATP
Selon lui, « quatre bascules de salariés sont prévues entre le premier mars et le premier novembre 2026 », dans le cadre des appels d’offres remportés par des opérateurs concurrents.
Le futur PDG entend également préparer les prochaines étapes de l’ouverture à la concurrence, avec les tramways à l’horizon 2030, puis les RER et le métro autour de 2040.
Miser sur l’expansion hors Île-de-France
Pour compenser les pertes de chiffre d’affaires liées à la cession de certaines activités franciliennes, le groupe envisage de se positionner sur les appels d’offres ferroviaires ailleurs en France, « mais sans moins-disance sociale », a assuré Xavier Piechaczyk.
La RATP a déjà remporté l’exploitation de « l’étoile de Caen », le réseau de trains régionaux autour de Caen, qu’elle opérera à partir de 2027 en remplacement de la SNCF.