Championnats du monde à Hulst, du vendredi 30 janvier au dimanche 1er février
En pleine dynamique depuis plusieurs semaines, Soen Le Pann aborde les championnats du monde de cyclo-cross, dimanche à Hulst (Pays-Bas), avec de solides arguments. Le Finistérien de Berrien, auteur de deux prestations très convaincantes en Coupe du monde à Benidorm (Espagne) puis à Hoogerheide (Pays-Bas), arrive sur l’ultime rendez-vous de la saison dans une forme ascendante.
« À Benidorm, c’était la première fois de la saison que je jouais devant en Coupe du monde. Je me sentais bien, c’était une très bonne course, confie le jeune Breton. Physiquement, je sens que depuis un bon mois, ça revient vraiment. Ça monte crescendo. » Une progression confirmée le week-end dernier, aux Pays-Bas : « À Hoogerheide, je partais de la deuxième ligne, mais je me suis retrouvé devant assez rapidement. J’ai fait deux tours avec la tête de course avant d’être gêné par un coureur et de prendre une cassure. Sur ce type de circuit, quand tu te retrouves seul, c’est compliqué, mais j’ai quand même réussi à accrocher une belle 7e place ».
« La course la plus dure de la saison »
Depuis les championnats de France, début janvier, Soen Le Pann semble avoir trouvé son rythme de croisière. « Je me sens bien, un peu fatigué forcément, mais cette semaine va surtout servir à faire du jus et à rester reposé pour arriver le plus frais possible. » À 17 ans, le pensionnaire de l’EC Plestin-Pays de Trégor n’est pas loin d’avoir atteint sa meilleure condition, lui laissant de grandes ambitions. « C’est la course la plus dure de la saison, là où tout le monde peut gagner. L’objectif au départ, ce sera de lever les bras. De toute façon, je vais tout donner pour ça, et on verra le résultat à la fin. »
Une ambition partagée par François Trarieux, sélectionneur de l’équipe de France. « Avec Soen, l’objectif principal, c’est le comportement en course. S’il reste en contrôle, le résultat peut être très fort. Chez les juniors, ça se joue énormément sur la technique et la gestion des émotions. Quand on veut trop en mettre, on part à la faute et on sort de sa course, analyse le technicien. Physiquement, il est très fort, il est en grande forme, et je crois sincèrement qu’il est capable d’aller chercher très haut. »
Soenn Le Pann à Pontchâteau le 12 janvier 2025 lors des championnats de France. (Photo Philippe Priser)Un circuit physique à son avantage
À Hulst, Soen Le Pann découvrira un parcours exigeant. « Il y aura beaucoup de parties à pied, très physiques, avec de gros talus à monter et des descentes assez techniques. Je pense que c’est un circuit où il faudra être hyper fort physiquement et surtout très propre techniquement. On ne gagnera pas beaucoup de temps, mais on peut en perdre énormément », détaille le Breton.
Pour l’occasion, la préparation a été millimétrée. « Mardi, c’était repos. Mercredi, une sortie avec quelques intensités, puis les reconnaissances jeudi pour bien se mettre le parcours en tête », explique Le Pann. « Chez les juniors, ça peut être une loterie. En une seconde, la course peut basculer », tempère François Trarieux. À l’heure d’aborder le grand rendez-vous de l’hiver, Soen Le Pann arrive à Hulst avec le plein de confiance.