Christophe Leclercq vient d’être décoré de la médaille du bénévolat lors d’une cérémonie à l’Hôtel de Ville le 13 décembre dernier. Une belle reconnaissance pour tout le temps investi dans l’association qu’il a créée en 2021, Solid’Aide, et qui vient en aide aux plus démunis.

Il est né à Wattrelos, mais est arrivé à Roubaix dans la même semaine. Pour ne plus jamais en bouger. « Dans le quartier du Cartigny, juste à la limite de Wattrelos » s’amuse-t-il à préciser. La médaille, il ne se l’attribue pas, il estime qu’elle revient à l’association. « Je n’aime pas me mettre en avant. Cette médaille est importante pour la reconnaissance de l’association. J’en suis le fondateur mais je ne suis pas seul et j’aurais préféré valoriser une autre personne à ma place. » explique-t-il modestement.

Venir en aide aux plus démunis est comme une deuxième nature chez Christophe. Son engagement a débuté en 2016, « grâce à un ami qui travaille dans l’humanitaire ». Une véritable prise de conscience pour lui : « Moi j’ai tout ce qu’il faut, j’ai une maison dans laquelle je vis avec mes deux filles alors que tant de personnes sont dans le besoin. »

Fondation(s) de l’association

Il a dans un premier temps adhéré à plusieurs associations, dont le Mouvement Républicain Philanthrope ou encore L’île de Solidarité, basées à Lille. Parallèlement, Christophe se crée un réseau de donateurs roubaisiens de denrées alimentaires. L’idée chemine de créer une association à Roubaix. Il s’entoure d’une « bande de copains », tous Roubaisiens et soucieux d’aider les gens qui en ont besoin. « J’avais déjà l’expérience du COVID en 2020 et j’avais été touché par la situation parfois très précaire des étudiants. J’avais récupéré des stocks de boissons invendables pour leur redistribuer à Pont de Bois et à Roubaix. »

C’est donc en octobre 2021 que Christophe fonde l’association Solid’Aide, accompagné par quelques bénévoles. Aujourd’hui ils sont au nombre de 15 à se relayer pour organiser des maraudes (et cuisiner les repas chauds), ou des distributions dans la métropole. A Roubaix, le rendez-vous est donné sous le pont Nyckes, tous les vendredis de 19h à 20h30. Christophe arrive avec sa camionnette, remplie de boîtes de conserve, de pâtes, de légumes, de chips, de boissons, de confiseries, …

Cela se passe simplement, les caisses de nourriture sont posées sur des tables et les bénévoles servent la cinquantaine de personnes qui se déplace chaque semaine. « Ce n’est pas grand-chose mais on arrive à aider des familles à se nourrir pendant trois ou quatre jours. L’autre fois, une dame est venue avec sa fille de dix ans : ce genre de situation ne devrait pas exister. »

Solidarité et lien social

Parallèlement à cette distribution, l’association aide cinq familles roubaisiennes le week-end. Christophe se rend à leur domicile pour leur livrer de la nourriture. « La solidarité ne se limite pas à la distribution, elle englobe aussi le dialogue social. Et forcément avec les familles on crée un lien de confiance très important. »

Christophe parle de son engagement avec beaucoup de passion, c’est en effet un peu son deuxième métier. Mais un métier bénévole. Il est carrossier poids lourds en Belgique et depuis quelque temps, il travaille à 80 %. « Ainsi, j’ai mon vendredi libre pour me consacrer à cent pour cent à l’association.» Entre les contacts avec les donateurs, la récolte et le tri des denrées ainsi que leur stockage, la préparation des repas, les maraudes et les distributions, Christophe consacre près de 25 heures de son temps chaque semaine pour aider les autres. « Un simple sourire d’une personne à qui on a rendu service égaye ma journée. Un regard reconnaissant, un merci, tout cela justifie notre action. » explique-t-il. La prochaine étape ? « Un local pur cuisiner, car jusqu’alors chaque bénévole cuisine chez soi. »

Pour se ressourcer et décompresser entre son travail et l’association, Christophe apprécie les séances de cross-training et court régulièrement.

« Cela m’aide à évacuer le stress et à encaisser les heures de travail. » Il passe également du temps avec ses deux grandes filles, très admiratives de leur papa.

Coups de cœur

Le Parc Barbieux : « J’aime aller m’y promener ou y courir. Ou juste m’asseoir sur un banc et me relaxer. C’est l’un des plus grands parcs d’Europe. »

La Condition Publique : » Je suis un fidèle de la Braderie de l’Art depuis le début. J’admire l’ingéniosité des artistes. »

L’Hôtel de Ville : « C’est une très belle mairie, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. J’étais très fier d’y aller pour recevoir mon diplôme.« 

Crédit Photos : Anais Gadeau, service Communication, ville de Roubaix