Avec qui travaillez-vous votre jeu au quotidien ?
Je n’ai pas de coach avec moi sur place, mais je suis en contact régulier avec les personnes avec qui je bosse, que ce soit Benoît Ducoulombier, Patrick Talon ou Mathieu Van Hauwe. Je sais que je peux les solliciter quand j’ai besoin d’un avis, d’un conseil. Bien sûr, la relation avec mes entraîneurs est différente d’il y a vingt ans ! Ils ont toujours des choses à m’apporter, mais honnêtement il n’y a pas vraiment de nouveautés : je travaille toujours sur les mêmes choses. La répétition des fondamentaux, c’est ça le quotidien pour un golfeur qui a un peu d’expérience. Après, j’entraîne un petit groupe de jeunes ici à Cabot Bordeaux : Victor Veyret, Aubin Lacaze, Alexandre d’Aurelles de Paladines et Julien Lebrere. Et mine de rien, même si je leur apporte beaucoup, ils m’apportent beaucoup eux aussi en retour ! S’entraîner seul, c’est compliqué, donc c’est mieux de le faire en groupe pour l’émulation et la motivation. Quand ils sont là, ils me tirent vers le haut parce qu’on fait essentiellement des matchs sur le parcours, et j’ai toujours envie de leur montrer que je suis là ! Je vois aussi une façon différente de jouer au golf, je vois un recours beaucoup plus important que moi aux nouvelles technologies, donc au final je me nourris autant d’eux qu’ils se nourrissent de moi.

Ça va faire dix ans que vous avez perdu la Carte du circuit européen : quel regard portez-vous sur cette décennie ?
Une bonne traversée du désert ! (rires) Ça m’a toutefois permis de passer beaucoup de temps en famille, ce qui est une bonne chose car j’ai deux garçons qui ont autant besoin de moi que moi d’eux. J’appréhende un peu le fait de repartir pour une saison pleine aux quatre coins de l’Europe et même au-delà, car même si j’ai pas mal voyagé en 2025, ça va être encore plus intense cette année. Il va donc falloir trouver un bon fonctionnement familial, mais je n’ai aucune crainte à ce sujet. J’ai la chance d’avoir une femme qui gère énormément de choses quand je ne suis pas là, et qui me soutient complètement ! Elle ne m’a jamais empêché de faire quoi que ce soit, car elle sait que j’aime le golf et que j’aime la compétition. Elle a confiance en moi, et elle voit que je suis encore performant, donc elle me laisse vivre ma passion jusqu’au bout. C’est cool de se dire qu’à 45 ans passés, je peux encore être à la poursuite de mes rêves !

Pour la première fois depuis bien longtemps, vous allez également faire partie d’un clan français sur le circuit. C’est une perspective agréable ?
C’est sûr ! Il y a de fortes chances que je sois le doyen sur l’HotelPlanner Tour cette année, même s’il y aura sans doute deux ou trois anciens. Et, même si ce n’est pas cool pour eux parce qu’ils sont descendus, je suis content à l’idée de retrouver Benjamin Hébert, Alexander Levy, Clément Sordet ou Julien Brun, des gars qui ne sont certes pas aussi âgés que moi, mais avec qui j’ai évolué un peu par le passé. On est vraiment soudés en tant que Français, et mine de rien c’est une vraie force. On va être un bon contingent, et ça va être une année sympa ! Et sans doute pas la dernière : je verrai où j’en suis dans dix mois, pour le moment je ne me dis rien du tout. J’aime toujours autant le golf, et d’ailleurs je trépigne un peu à l’idée de repartir, car le temps de passe pas assez vite pendant l’intersaison !