Les « fabricants ne pouvaient ignorer les obligations de sécurité sanitaire qui leur incombent », a déclaré l’avocat des familles et de l’association européenne de défense des consommateurs, François Lafforgue.

Publié le 29/01/2026 10:16

Mis à jour le 29/01/2026 10:19

Temps de lecture : 2min

Un rayon de laits infantiles dans un supermarché, à Auch (Gers), le 6 janvier 2026. (JEAN-MARC BARRERE / HANS LUCAS / AFP)

Un rayon de laits infantiles dans un supermarché, à Auch (Gers), le 6 janvier 2026. (JEAN-MARC BARRERE / HANS LUCAS / AFP)

L’association Foodwatch a annoncé, jeudi 29 janvier, à l’AFP avoir porté plainte auprès du parquet de Paris aux côtés de huit familles accusant les fabricants de laits infantiles d’avoir tardé à rappeler leurs lots suspects. La plainte contre X, que l’AFP a pu consulter, vise une série de délits, dont la mise en danger et l’atteinte à l’intégrité physique des nourrissons, la tromperie aggravée ou le manquement aux obligations de sécurité.

« Les faits sont particulièrement graves puisque ces laits contaminés à la toxine céréulide sont souvent destinés à des nourrissons de moins de six mois, parfois des prématurés au système immunitaire d’autant plus vulnérable », souligne l’association. « Ils ont été vendus dans le monde entier par des multinationales qui ont commercialisé des produits exposant les bébés à un risque pour leur santé. C’est hors la loi, et Foodwatch est déterminée à réclamer justice et transparence dans cette affaire », poursuit-elle. Les « fabricants ne pouvaient ignorer les obligations de sécurité sanitaire qui leur incombent. Nous demandons la plus grande fermeté dans cette affaire qui concerne la santé de nourrissons », a déclaré l’avocat des familles et de l’association européenne de défense des consommateurs, François Lafforgue.

Plusieurs industriels, dont les géants Nestlé (Guigoz, Nidal), Danone (Blédilait, Gallia) et Lactalis (Picot), mais aussi de plus petits acteurs comme Vitagermine (Babybio Optima), ont procédé depuis décembre à des rappels de laits infantiles dans plus d’une soixantaine de pays au total, dont la France, en raison d’un risque de contamination à la céréulide.

Deux enquêtes pénales distinctes ont déjà été ouvertes à Angers et Bordeaux après les décès de deux nourrissons ayant consommé un lait infantile rappelé par Nestlé pour cause de « possible contamination » par une substance d’origine bactérienne, sans « lien de causalité » établi pour l’heure, selon les autorités