Par

Ugo Maillard

Publié le

29 janv. 2026 à 9h26

Il s’agira d’un des axes principaux du mandat, en cas d’élection. La liste Nice Front Populaire, soutenue par La France Insoumise et Viva ! et menée par Mireille Damiano, a présenté le mercredi 28 janvier 2026 son plan de bataille pour limiter, voire mettre fin au surtourisme à Nice et sur la Côte d’Azur. Une problématique particulièrement vaste et délicate, tant les pouvoirs relevant de la mairie ou de la métropole sont limités sur la question.

La liste de gauche a pour ce faire rédigé un programme sourcé et détaillé qui lui permet de présenter des mesures concrètes. « Nous souhaitons un autre modèle. Le tourisme, c’est positif pour l’économie et pour l’échange culturel. Quand le tourisme va au-delà de la capacité d’accueil, ça devient néfaste », a introduit Mireille Damiano.

Un plan d’action avec des mesures

Entourée d’une partie de son équipe de campagne, l’avocate niçoise a, en préambule, listé les impacts négatifs liés au surtourisme. « Pollution atmosphérique », « pollution sonore », « augmentation du coût de la vie pour les locaux », « impact sur le marché de l’immobilier », « impact sur la vie sociale des quartiers », « baisse de la qualité d’accueil des touristes ». En bref, « trop de touristes, tue le tourisme ».

Quelle définition donnée au surtourisme ?

« Le terme ‘surtourisme’ (ou ‘hypertourisme’) est apparu ces dernières années pour désigner le phénomène de saturation des sites touristiques par un nombre grandissant de visiteurs. D’après l’OMT, 95% des touristes mondiaux visiteraient moins de 5% des terres émergées. À l’échelle de la France, 80% de l’activité touristique se concentre sur 20% du territoire », explique le site étatique Vie Publique.

Face à ces nombreuses problématiques identifiées, la liste Nice Front populaire a présenté un plan d’action. Quatre points ciblés : « L’extension de l’aéroport est au cœur du surtourisme de la Métropole. On a soutenu les actions pour s’opposer au projet et on continuera à le faire. Au sujet des jets privés, nous souhaitons engager une restriction de ces vols, notamment en interdisant les vols de nuit en sollicitant le préfet. Pour les croisières, on poursuivra la réduction progressive sur tout le mandat. Enfin, on constate que les yachts de luxe monopolisent un trop grand espace du port. On ne veut pas les exclure, mais rétablir un espace beaucoup plus juste. »

Quatre axes sur lesquels la mairie ne peut pas agir seule et devra passer par des concertations avec les acteurs privés et/ou la préfecture des Alpes-Maritimes.

La liste LFI et Viva! menée par Mireille Damiano a présenté son programme pour lutter contre le surtourisme et ses impacts négatifs à Nice.
La liste LFI et Viva! menée par Mireille Damiano a présenté son programme pour lutter contre le surtourisme et ses impacts négatifs à Nice. (©Ugo Maillard / actu Nice )

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Des mesures réalisables dans l’immédiat

Conscients des difficultés à mettre en place les interdictions listées précédemment, Mireille Damiano et ses soutiens avancent deux sujets sur lesquels, il pourrait agir rapidement en cas d’élection.

Il faut limiter la circulation et le stationnement des autocars dans certains quartiers et notamment en mettant en place des limitations du nombre d’autocars avec des quotas. C’est un sujet que l’on va mettre sur la table avec les acteurs du tourisme.
Nous misons également sur l’immobilier pour limiter le surtourisme. Si nous sommes élus, nous contrôlerons drastiquement les locations touristiques de type AirBnb, nous refuserons d’accorder des permis de construire pour tout projet consistant à transformer des logements en hébergement touristique et nous généraliserons la préemption par la Ville et la Métropole des logements mis à la vente pour garantir des logements aux habitants.

Liste Nice Front Populaire

Vers des quotas ?

Pour faire face au surtourisme, la Ville d’Èze a augmenté la tarification du jardin exotique à l’automne 2025, comme le maire Stéphane Cherki l’expliquait.

Interrogées par la rédaction d’actu Nice quant au peu de pouvoir d’une mairie au sujet des flux de touristes venus de l’aéroport ou du port, les équipes de la liste Nice Front Populaire refusent de mettre en place des quotas de touristes dans la ville… pour le moment.

« On ne veut pas mettre en place de quotas et on ne fera pas payer les touristes pour accéder à certaines zones de la ville comme cela peut être le cas dans certaines communes d’Europe. C’est discriminatoire. Si au bout d’une mandature, nos objectifs ne sont pas atteints, on sera peut-être obligé de mettre en place ce type d’action », répondent les équipes.

Pour Mireille Damiano, la solution peut également passer par l’arrêt des communications tournées vers l’international et les partenariats avec les agences de tourisme à l’étranger.

Un autre tourisme possible

Pour conclure la présentation de leur projet, la liste soutenue par LFI et Viva ! a vanté les mérites d’un « tourisme éco-responsable »

Parmi les pistes de développement, la création d’auberges de jeunesse à but non lucratif, la création de campings dans l’arrière-pays niçois ou encore la création d’un réseau cyclable à l’échelle de la Côte d’Azur avec une voie continue.

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