La Russie accélère la mise en service d’une arme redoutée en Europe : le missile hypersonique Oreshnik. Début janvier, il a été tiré contre la ville ukrainienne de Lviv, à moins de soixante kilomètres de la frontière polonaise. Ce missile balistique, capable de frapper jusqu’à six cibles différentes en même temps, à plus de 8 000 km/h, peut atteindre n’importe quelle cible sur le continent en moins de vingt minutes. Moscou se targue qu’il est « impossible à abattre ». Pour Kiev et plusieurs analystes occidentaux, il s’agit surtout d’un signal adressé à l’Alliance.
Derrière cette montée en puissance se cache un soutien industriel massif de la Chine. Selon une enquête du Telegraph, publiée mercredi 28 janvier, Pékin a fourni à son allié pour plus de 10 milliards d’euros de technologies et d’équipements avancés depuis le début de la guerre. Des livraisons qui lui permettent de contourner les sanctions occidentales et de maintenir sa production militaire.
Un soutien industriel essentiel
Parmi les aides fournies figure une machine-outil chinoise de type CNC, un tour industriel utilisé pour façonner le métal avec une extrême précision. Cet équipement a été repéré dans l’usine de Votkinsk, principal site russe de fabrication de missiles, pourtant visé par des sanctions internationales. L’usine produit l’Oreshnik, mais aussi les missiles Iskander-M et les missiles intercontinentaux Topol-M.
« Le point faible historique de la Russie, ce sont les machines de précision. La Chine peut aujourd’hui fournir des outils suffisamment performants pour répondre à une grande partie des besoins russes », explique l’analyste Michael Kofman.
Une dépendance croissante
L’Empire du Milieu fournit également des composants essentiels que la Russie ne parvient pas à produire seule en quantité suffisante. Parmi eux figurent des microprocesseurs, des cartes mémoire, des roulements à billes, des cristaux utilisés dans les radars et dans les systèmes de guerre électronique, ainsi que des optiques militaires. « Tout ce qui bouge repose sur des roulements », rappelle Michael Kofman, soulignant leur importance dans la fabrication des avions, des missiles, des véhicules blindés ou encore des drones.
Cette coopération renforce grandement la dépendance de Moscou vis-à-vis de Pékin. « Sans l’accès à l’économie chinoise et à son marché, la Russie aurait eu beaucoup de mal à soutenir cette guerre », estime encore Michael Kofman. Les experts préviennent toutefois que les chiffres disponibles sont probablement sous-évalués. Une partie croissante des équipements transite par des pays tiers et des sociétés intermédiaires, ce qui complique le suivi des échanges.