l’essentiel
Alors qu’il était joueur du Stade Toulousain, Ugo Mola a été le premier salarié de celui qui est aujourd’hui son président, Didier Lacroix, qui commercialisait des produits du club.
Début des années 1990. Ugo Mola n’est pas encore le manager auréolé de succès du Stade Toulousain, quintuple champion de France et double champion d’Europe, mais un tout jeune joueur du club « rouge et noir », où il démarre en équipe première à 17 ans. Une précocité sportive qui lui fait quitter l’école avant sa majorité. Que faire, alors, dans un rugby encore à l’aube de sa professionnalisation ? Après avoir passé le BAFA, puis un diplôme d’État pour encadrer de jeunes joueurs de rugby, Mola côtoie brièvement « des gars qui sont à la mairie, qui passent leur diplôme pour être éducateur spécialisé. Et puis, au bout d’un an, je me dis : ‘En fait, être éducateur, ça va me courir vite fait », comme il le raconte dans un long entretien accordé au magazine Tampon.
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Après s’être orienté vers un BTS en alternance, le jeune Ugo Mola se voit alors offrir une opportunité par l’un de ses coéquipiers de l’époque, un certain… Didier Lacroix. « Il me dit : ‘Putain, mais viens avec moi !’. » Celui qui deviendra président du club haut-garonnais en 2017 venait d’ouvrir sa boîte de commercialisation du produit Stade Toulousain : Ugo Mola devient son premier salarié…
La suite, c’est Mola, fêtard invétéré à l’époque, qui la raconte avec lucidité : « Moi, je suis incapable de vendre un stylo à un mec qui a besoin d’écrire. Didier, qui est un vendeur de premier ordre, qui est un mec qui a le commerce en lui, il hallucine. Quand on fait des ventes ensemble, c’est lunaire : ‘Mais toi… Tu me capotes toutes les ventes !’ J’étais un peu branleur. »
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Pourtant, le polyvalent joueur toulousain va trouver son chemin dans cet univers, avec sa propre recette. Didier Lacroix lui demande de vendre une revue nommée Prestige, centrée sur les saisons du Stade Toulousain : « Je partais avec mon cartable en ville vendre des encarts publicitaires », résume Mola, qui réussira grâce à son réseau à lui. « Comme j’étais pote avec tous les mecs des bars, j’ai eu le record pendant trois ou quatre années. C’était mon job. Quand tu le remets maintenant en perspective, on vivait dans un monde où en fait tout était cool », glisse Ugo Mola, dont le père a travaillé au Coq d’Or, ancien QG du Stade Toulousain qui a fermé ses portes en 2020.