Dans un contexte économique des plus moroses, le président de la commission commerce de la CCI veut croire que le sujet fera consensus, même à la veille des élections municipales. « L’objectif étant d’aller très vite, nous avons travaillé en amont », relate l’élu consulaire.

Guichet unique

« Nous avons entendu les commerçants qui nous demandent que ce soit moins compliqué », abonde Marc Etcheverry. Pour « ne pas perdre de temps », les co-porteurs du projet n’attendront pas la création, sous sa forme juridique, de l’Office du commerce, début 2027, pour rendre opérationnelles ses missions principales.

« Une douzaine de personnes prendront part à l’activité de l’Office du commerce, en plus d’un animateur prochainement recruté »

Dès février, un « guichet unique » ouvrira donc pour « tous les commerçants de la ville, sans qu’ils aient besoin d’adhérer », précise Bruno Tripon. Les responsables des quelque 9 700 boutiques bordelaises, comme ceux qui aspirent à ouvrir un commerce, trouveront auprès de l’Office, centralisées, toutes les démarches administratives et réglementaires à effectuer mais aussi les informations relatives à des événements impactant leur activité (travaux, manifestations, mobilités). Concrètement : un numéro de téléphone unique, un site internet et une adresse électronique seront déployés ces prochains jours.

Bruno Tripon, président de la commission commerce de la CCI, veut croire que seul « un cumul de plusieurs actions maintiendra le tissu social et économique » du commerce bordelais.

Bruno Tripon, président de la commission commerce de la CCI, veut croire que seul « un cumul de plusieurs actions maintiendra le tissu social et économique » du commerce bordelais.

Archives Margot Sanhes

L’Office du commerce n’aura toutefois pas d’adresse ouverte au public. « Nous avons préféré le ‘‘aller vers’’ au ‘‘faire venir’’», explique l’adjoint au maire. Pour autant, une douzaine de personnes prendront part à son activité, en plus d’un animateur prochainement recruté, rassemblant « les ressources internes de la CCI et de la mairie » et leurs compétences respectives pour « des réponses claires et ciblées ».

Animations dès juin

L’Office du commerce, outre de structurer le secteur d’activité, dont Bruno Tripon rappelle qu’il emploie « 40 000 personnes et génère un chiffre d’affaires de 4,5 milliards d’euros », aura aussi pour missions d’établir un diagnostic du tissu commercial (état de la vacance, évolution des loyers) et « d’émettre des avis sur les principaux projets d’implantation commerciale ».

Pour intensifier les échanges directs entre les acteurs du secteur commercial, institutionnels et professionnels, un réseau social sera aussi prochainement accessible à tous. « Commerces connectés », déployé la semaine dernière, est actuellement en phase test auprès d’une centaine de commerçants. Cet outil collaboratif mais aussi « espace de ressources » se veut « un fil d’actualités au quotidien, pour partager des informations pratiques, comme des expériences », explicite la CCI. 34 000 euros du Plan seront consacrés à son déploiement sur l’année.

Malgré un contexte budgétaire compliqué, Marc Etcheverry souligne « la volonté de la Ville de débloquer des crédits pour cet outil plus puissant » que sera l’Office du commerce.

Malgré un contexte budgétaire compliqué, Marc Etcheverry souligne « la volonté de la Ville de débloquer des crédits pour cet outil plus puissant » que sera l’Office du commerce.

Laurent Theillet / Sud Ouest

Reste que les commerces locaux, à 70 % indépendants, ne se porteront mieux que si les consommateurs continuent de les fréquenter. Le Plan d’action prévoit ainsi de consacrer 90 000 euros à des animations dites « des 4 saisons », hors périodes de fréquentation traditionnelles, dont la première devrait être proposée en juin. « Des temps forts » annonce Marc Etcheverry pour « proposer une vraie expérience client », avance Bruno Tripon venant en complément du lancement de la marque « Expérience Bordeaux », le 26 janvier, et pour le déploiement de laquelle le Plan a fléché une ligne de 92 500 euros.

Faut-il y voir une concurrence avec Bordeaux mon commerce (BMC) ? Sept mois après l’incompréhension autour du changement de bureau de l’association, où la mairie déclarait « se montrer très attentive à la situation et à nos demandes de transparence », Marc Etcheverry parle, lui, de « complémentarité » avec l’association qui, elle, dispose d’un budget de 1,4 million d’euros, dont 60 000 de subventions municipales. Soit près de cinq fois la dotation du Plan d’actions commerce.