Londres recherche des alliés dans un monde de plus en plus hostile. C’est en tout cas ce que laissent entendre les déclarations du Premier ministre britannique ce jeudi. En voyage à Pékin ce jeudi, Keir Starmer a affirmé vouloir améliorer les relations entre le Royaume-Uni et l’ex-Empire du Milieu.
« La Chine est un acteur essentiel sur la scène internationale et il est vital de construire une relation plus sophistiquée dans laquelle nous identifions les opportunités de collaboration, tout en permettant un dialogue constructif sur les sujets sur lesquels nous ne sommes pas d’accord », a-t-il dit au début de sa rencontre avec Xi Jinping.
Xi Jinping a dit croire à l’ouverture d’un « nouveau chapitre » de la relation après les « revers » des dernières années.
Et cette rencontre ne s’est pas traduite que par des mots. Le dirigeant britannique a assuré plus tard être parvenu à des « progrès vraiment bons » sur les droits de douane imposés par la Chine sur le whisky, l’exemption de visa vers la Chine pour les ressortissants britanniques et la coopération dans la lutte contre la migration irrégulière au Royaume-Uni. La Chine est « prête à envisager activement » une exemption unilatérale de visa pour les Britanniques, a dit l’agence officielle Chine Nouvelle.
Ces accords sont importants pour l’île. Et pour cause, la Chine est le troisième partenaire commercial du Royaume-Uni et Keir Starmer était accompagné d’une cinquantaine de chefs d’entreprises, notamment de la pharmacie, de l’automobile et de la finance. « Ce qu’ils (les chefs d’entreprise) veulent, et ce que je veux, c’est se développer et s’étendre en Chine, en profitant de tout ce que vous avez à offrir, tout en générant de la croissance et des emplois pour les Britanniques au Royaume-Uni », a-t-il affirmé.
Xi Jinping a profité de la poignée de main avec Keir Starmer pour présenter son pays comme un partenaire fiable, défenseur de l’ordre international et du libre-échange, par opposition à « l’unilatéralisme, (au) protectionisme galopants » du moment.
De son côté, Keir Starmer a défendu la relation avec les États-Unis comme « l’une des plus étroites que nous ayons ». Mais il a jugé qu’il serait « absurde » pour le Royaume-Uni de se détourner de Pékin. Un intérêt renforcé qui ne concerne pas que l’ex-membre de l’Union européenne.
Face aux menaces grandissantes des États-Unis sur ses alliés, nombre de pays cherchent à diversifier leurs partenariats. Le déplacement de Keir Starmer en Chine intervient d’ailleurs peu après ceux du Canadien Mark Carney et du Français Emmanuel Macron.