Une préoccupation des Toulousains. À moins de deux mois de l’élection municipale, Jean-Luc Moudenc, maire sortant de Toulouse et candidat à sa réélection, a poursuivi, ce jeudi 29 janvier, son cycle de conférences de presse thématiques.
Après le pouvoir d’achat, l’aéronautique, l’emploi, la culture et le sport, c’est sur le terrain très sensible de la sécurité que le premier édile a choisi de s’exprimer, entouré de deux colistiers, Émilion Esnault et Laura Verkaeren.
« La sécurité est la première des priorités depuis 2014 et elle le restera après 2026 », a martelé Jean-Luc Moudenc. Un sujet qu’il revendique traiter « sans slogan ni posture politicienne », mais à partir « de constats, de moyens et de décisions budgétaires assumées ».
Une délinquance en baisse
Le maire sortant a mis en avant ce qu’il qualifie de « paradoxe toulousain » : une délinquance en recul alors que la population continue d’augmenter. « Ce n’est pas le fruit du hasard, mais celui d’une action constante, cohérente et assumée », a-t-il insisté.
Chiffres à l’appui, l’élu affirme enregistrer depuis 2014 une baisse marquée de plusieurs faits de délinquance sur l’espace public : -51 % de cambriolages, -32 % de vols dans les véhicules, -59 % de vols violents sans arme ou encore -25 % de vols sans violence.
En revanche, Jean-Luc Moudenc a reconnu la progression des violences intrafamiliales, sexuelles et sexistes, rappelant qu’elles relèvent majoritairement de la sphère privée et nécessitent des réponses spécifiques.
Des moyens en forte hausse
L’exécutif municipal revendique un effort financier « inédit ». Le budget consacré à la sécurité aurait été multiplié par trois en dix ans, passant de 16,4 millions d’euros entre 2014 et 2020 à 42 millions d’euros sur la période 2020-2026.
Au cœur de cette stratégie, le renforcement de la police municipale. Les effectifs sont passés de 165 agents en 2014 à 390 en 2026, avec une présence désormais assurée 24h/24 et 7j/7 dans l’ensemble des quartiers.
« La police municipale n’est plus cantonnée au centre-ville », a souligné le maire sortant, rappelant également la généralisation de l’armement permanent, l’équipement en pistolets à impulsion électrique puis en LBD, « sans qu’aucun incident n’ait été constaté ».
La coopération avec l’État a également été mise en avant. Toulouse a été la première ville à signer un contrat de sécurité intégrée, permettant l’affectation de 115 policiers nationaux supplémentaires, auxquels s’ajoutent 22 postes dans la justice.
La vidéoprotection au cœur du dispositif
En parallèle, le nombre de caméras est passé de 21 en 2014 à 710 aujourd’hui, auxquelles s’ajoutent plus de 4.000 caméras sur le réseau Tisséo. En 2025, ces dispositifs auraient permis plus de 7.200 appuis vidéo, 2.073 réquisitions judiciaires et plus de 1.000 interpellations.
« La caméra facilite le repérage et l’efficacité des agents », a défendu Jean-Luc Moudenc, rappelant également la sécurisation de 100 % des écoles et le déploiement de brigades de contact chargées de répondre aux signalements des riverains sous 72 heures.
Un projet 2026-2032 ambitieux
Pour le prochain mandat, le candidat propose un changement d’échelle : « Une caméra pour chaque rue ». Un projet estimé entre 40 et 46 millions d’euros, qui viserait à couvrir environ 2.300 voies grâce à un maillage optimisé.
La municipalité entend également interconnecter les systèmes existants (ville, Tisséo, bailleurs sociaux, parkings) et recourir à l’intelligence artificielle (IA), dans un cadre strictement légal, pour faciliter l’exploitation judiciaire des images.
Parmi les autres mesures avancées : caméras devant chaque école, bornes d’appel d’urgence dans l’espace public, vidéoverbalisation des dépôts sauvages, création d’une brigade dédiée à la propreté et nouveaux pouvoirs pour lutter plus efficacement contre tags et graffitis.
Une opposition vivement critiquée
La conférence de presse a aussi été l’occasion d’attaques frontales contre les oppositions. Laura Verkaeren a dénoncé une « instrumentalisation de la sécurité » par le RN et une gauche qu’elle juge « hostile à la police ».
Émilion Esnault a, de son côté, vivement critiqué une opposition qu’il juge « archaïque » et « prisonnière de ses schémas idéologiques », incapable selon lui de dépasser les postures pour apporter des réponses pragmatiques et efficaces.
Jean-Luc Moudenc a conclu en affirmant que « qualité de vie, liberté et sécurité sont indissociables » et que sa liste serait « la seule capable d’imposer l’ordre au quotidien de manière concrète ». « Nous n’avons rien lâché et nous ne lâcherons rien ».
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