Par

Sarah Coulet

Publié le

29 janv. 2026 à 11h17

Il avait reçu un courrier du président de la République en juin 2025, lui annonçant qu’il souhaitait faire de lui un chevalier de l’ordre national du Mérite. Un peu plus de six mois plus tard, mercredi 28 janvier 2026, Ali Akbar, dernier vendeur de journaux à la criée de Paris, s’est vu remettre des mains d’Emmanuel Macron les insignes.

« Je suis chevalier, j’ai réussi »

« Votre voix, tout Parisien l’a déjà forcément entendue. C’est une intonation, un timbre, un style. Vous êtes l’accent du 6ᵉ arrondissement, la voix de la presse française », a déclaré Emmanuel Macron dans son discours.

Un moment solennel qui s’est déroulé en présence de la première dame, Brigitte Macron, et des autres récipiendaires. « Ça y est, je suis chevalier, j’ai réussi », s’est-il le septagénaire, rapporte Le Monde. Le quotidien du soir fait partie des trois journaux qu’Ali Akbar propose à la vente, avec Libération ou le JDD.

Depuis 50 ans, il arpente chaque après-midi les rues de Saint-Germain-des-Prés, où il est devenu une figure très identifiée, notamment grâce à sa façon de scander des titres trompeurs pour se démarquer. « Demain, vous tiendrez le scoop de votre vie, vous pourrez dire : Ça y est, c’est fait, Ali Akbar est à l’Élysée », a plaisanté Emmanuel Macron.

« Esprit voltairien sorti du Pakistan »

À plus de 70 ans, Ali Akbar est le dernier vendeur de journaux à la criée de Paris. Né au Pakistan, il arrive en France à 20 ans par bateau et se retrouve à faire la plonge dans un restaurant de Rouen (Seine-Maritime). Au gré de ses rencontres et du hasard de la vie, il se rend dans la capitale et croise la route d’un vendeur à la criée.

« Vous avez porté, si je puis dire, le monde à bout de bras et la France dans votre cœur. Vous êtes devenus le plus français des Français, esprit voltairien sorti du Pakistan », a estimé le président de la République.

À ses débuts, il est entouré d’une quarantaine de collègues qui scandent, comme lui, les nouvelles du jour dans les rues de la capitale. « Ils ont tous disparu petit à petit, mais moi j’adore marcher et parler aux gens alors j’ai continué », analysait l’homme au détour d’une (très) brève pause, dans un portrait que lui avait consacré actu Paris à l’occasion d’une rencontre en 2021.

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