Les M2 de la Faculté de droit, des sciences économiques et de gestion de Nancy présentent une pièce de Jean Anouilh.
On ne sait trop où poser « La belle Vie » dans l’œuvre d’Anouilh. Pièce rose, pièce noire, hors cadre ?…
C’est une pièce méchante sous des apparences presque aimables, qui n’est pas sans rappeler — mais comme une épure — le terrifiant Pauvre Bitos ou le Dîner de têtes (1956). Toujours plaisamment, en homme bien élevé, Anouilh dépèce, démembre, déchire chaque protagoniste, et les sentiments, même positifs, qu’il leur prête ont des relents de sanie.
Bien sûr, il condamne sans appel ce bolchevisme grotesque qui n’est qu’un fascisme en d’autres termes, mais sa vision de l’aristo-bourgeoisie est, elle, d’une cruauté condescendante qui glace le sang. Quant à sa description des hommes d’affaires, elle est si méchamment exacte que l’on reste sans voix ! Une fois de plus, avec Anouilh-le-Juste, la vérité du théâtre claque comme une lanière sur le dos de la société. Qui s’en fout.