Marchands des quatre saisons aux halles Laissac à Montpellier depuis cinq ans, ils ont décroché un prix régional et visent, désormais, la finale à Paris.

« C’est la personne de Saveurs et Commerces avec qui nous sommes en contact qui nous demandait pourquoi on ne participait pas. J’ai dit : Oh non, ça sert à rien et je ne gagnerais pas ! », lâche Amaral Cândida. Avec ce sourire de celle qui a finalement joué un tour parfait.

Ce qui, au final, est le cas ; son étal de fruits et légumes (Le Panier de Benedita qui est aussi celui d‘André, son mari) installé au cœur des halles Laissac vient de décrocher le titre de meilleur talent régional pour 2025. Et reçu ce prix ce matin.

Une distinction qui ne compte pas pour des prunes puisqu’exclusivement imaginée par et pour des professionnels par Saveurs Commerce, une fédération de syndicats qui représente au niveau national les commerçants spécialisés en fruits et légumes.

Inscrits dès l’été dernier, les époux Cândida ont reçu la visite d’un professionnel à l’automne, venu inspecter de fond en comble leur étal. Venu tout soupeser, décortiquer, inspecter. Fraîcheur, qualité, théâtralisation (leur “mise en scène”) et saisonnalité des produits, propreté du commerce, respect de la réglementation dont le pancartage… Bref une inspection vétilleuse, histoire de ne laisser aucune place à une quelconque pomme de discorde.

Deux interprofessions, un prix

Saveurs Commerces est la fédération nationale des commerces alimentaires spécialisés de proximité. À travers son syndicat national, l’Umap et le syndicat elle représente et défend 14 300 commerçants alimentaires spécialisés en magasin ou marché.

Interfel, créée en 1976, est une interprofession des fruits et légumes frais. Elle rassemble l’ensemble des métiers issus de la filière des fruits et légumes frais. C’est elle qui a remis le prix aux époux Cândida, ce matin.

« C’est le lien que l’on crée, pas juste arriver le matin, récolter et s’en aller »

Une inspection en règle donc, passée haut la main. Et qui a propulsé les époux Cândida au rang de lauréats régionaux dans la catégorie “primeurs sur marché”. Pas de quoi prendre le melon pour eux, derechef lancé dans cette seconde compétition qu’est la finale nationale. Et pour laquelle ils doivent poireauter jusqu’au prochain Salon de l’agriculture pour savoir, le 23 février, s’ils l’ont gagné ou s’en sont approchés.

Mais foin d’une fumeuse course à l’échalote ! Rien pour perturber le duo commerçant qui a repris l’enseigne (celle de la famille Christopholi) « en octobre 2020. Avant, nous étions salariés à Castries. À la Covid, cela nous a donné envie de voir autre chose. On a trouvé ce magasin à la vente et on s’est dit : Pourquoi pas ?”Aujourd’hui, on ne le regrette pas ! », raconte Amaral.

Qui embraye, presque inarrêtable : « Qu’est-ce qui nous différencie ? Beaucoup de choses ! Ce n’est pas un métier mais une passion ! C’est le lien que l’on crée, pas juste arriver le matin, récolter et s’en aller. On voit grandir des enfants, vieillir des clients… Notre métier, c‘est aussi une mise en scène, un tableau, un vrai arc-en-ciel de légumes et de fruits ! Il y a le volume aussi. Il faut que cela soit attirant, volumineux ». Sûr que ces deux-là n’ont pas de sang de navet dans leurs artères…