S’ils veulent conserver l’espoir de disputer la sixième place aux Brivistes dans trois semaines, les Isérois n’ont pas vraiment d’autre option que de rapporter deS points de leurs prochains déplacements à Biarritz puis à Béziers, sous peine de voir disparaître leurs dernières illusions.

Finaliste ces trois dernières saisons, le FC Grenoble réussira-t-il à accrocher les phases finales cette année ? À douze journées de la fin du championnat, la cote est énorme, tant la cruelle défaite à domicile contre Vannes (26-29) a plongé les Isérois dans le ventre mou du classement. Actuels neuvièmes au classement, les Isérois pointent désormais à huit points du sixième Brive, seule formation susceptible de rester encore dans leur viseur. Irrémédiable, comme débours ? Pas si certain puisqu’au sacro-saint classement britannique, les Alpins savent pertinemment qu’ils ne pointent qu’à quatre petits points des Corréziens. Un retard qu’une ou deux victoires à l’extérieur pourraient facilement permettre de combler, ce qui tombe plutôt bien puisqu’avant de recevoir Brive le 21 février, ces derniers se voient proposer deux déplacements à Biarritz puis à Béziers. Soit autant d’occasions de grappiller quelques unités au classement britannique avant de jouer un « match à huit points » face aux Brivistes… On comprend ainsi mieux pourquoi le capitaine Antonin Berruyer martelait la semaine dernière que « rien n’est encore fini » pour la course à la qualification, l’emblématique Romain Trouilloud s’avérant lui aussi convaincu que le FCG pouvait encore « aller chercher une qualification ».

« On n’a plus trop le choix »

Le hic ? Il est que le FCG n’a plus réussi à ramener la moindre victoire en déplacement depuis la première journée à Oyonnax. Pas franchement de quoi pavoiser avant de se déplacer à Aguiléra, où le BO a pris l’habitude d’infliger quelques corrections à ses hôtes…  » C’est un long déplacement, mais ce ne sera pas le premier ni le dernier, soufflait Romain Ruffenacch, l’un des anciens de la maison basque. Je connais bien ce club et Biarritz à la maison, c’est très costaud. Il y a beaucoup d’envie, beaucoup d’excitation quand ils jouent à domicile. À l’extérieur, ils n’engrangent pas beaucoup de points mais à Aguilera, ils engrangent beaucoup de bonus offensifs. C’est une équipe qui vaut certainement mieux que son classement le laisse penser. » Des propos corroborés par son demi de mêlée Barnabé Couilloud. « C’est une équipe qui sait recevoir et qui est très dure à manœuvrer chez elle alors que nous, pour l’instant, on a simplement montré qu’on n’était pas bien bon à l’extérieur… Maintenant, on sait que comptablement, on a besoin de points et aussi psychologiquement, on a besoin de gagner des matchs. On aborde ce déplacement en étant très prudent, mais en se disant qu’il va falloir qu’on aille chercher quelques points quand même là-bas. On n’a plus trop le choix, après avoir perdu des points précieux au stade des Alpes, il va bien falloir aller les récupérer à l’extérieur… »

Un état d’esprit contre Vannes

Le cadre est posé. Reste qu’au-delà du constat chiffré, il reste encore aux Grenoblois à trouver la bonne carburation pour se montrer performant à l’extérieur, notamment en défense où ils ont encaissé la bagatelle de 36 points en moyenne sur leurs cinq derniers déplacements, la faute à un manque de connexions régulièrement déploré et à des attitudes souvent trop hautes, qui entraînent indiscipline et/ou plaquages manqués. Le signe d’un état d’esprit collectif pas toujours irréprochable, sur lequel les Isérois ont au moins eu le mérite de se rassurer malgré la défaite subie face aux Bretons. « Je pense qu’on a bien digéré ce match contre Vannes, parce qu’on a eu le mérite de se retrouver sur l’état d’esprit, confirmait Ruffenach. On a fait un bon match de rugby, un match d’hommes. On a péché sur des détails par manque d’expérience ou par excès de précipitation, mais je pense qu’on ne fera pas deux fois les mêmes erreurs. Petit à petit, on s’améliore. On a trouvé une certaine stabilité au sein du staff. Ce n’est pas encore suffisant, il nous reste beaucoup de boulot, mais on tend vers quelque chose de rugbystiquement plus abouti. » Une analyse que Jérôme Villegas, débarqué en début d’année pour prendre la suite de Patrick Pézery, confirmait avec plaisir. « Il y avait déjà du bon travail qui avait été fait, pointait le nouvel entraîneur des avants alpins. On essaie juste de travailler sur les détails, d’être le plus rigoureux possible et essayer de simplifier les choses. Mais encore une fois, l’état d’esprit est bon, je me suis fait plaisir en tant que coach ces trois dernières semaines. Il y a un bon groupe, avec des joueurs bosseurs, tout le monde y met de la bonne volonté. On sait qu’on compte beaucoup de blessés en ce moment, dont certains vont revenir après le prochain break. L’orage est passé et maintenant, comme on dit, il faut la pluie pour avoir l’arc-en-ciel. Au Pays basque, il y parfois une mauvaise météo, on s’attend à de la pluie, alors on espère que l’arc-en-ciel va bientôt arriver. » Aux Isérois de faire le nécessaire, alors, s’ils souhaitent conserver l’espoir de voir le printemps…

« L’orage est passé et maintenant, il faut de la pluie pour avoir l’arc-en-ciel. Au pays basque, la météo est parfois mauvaise… »

Jérôme VILLEGAS,

entraîneur de Grenoble