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INFO LA DEPECHE. La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Toulouse a officialisé ce jeudi le renvoi de Frédéric Brasilès devant la cour criminelle de la Haute-Garonne. L’ancien élu toulousain est accusé de viols sur cinq femmes, dont deux étaient mineures lors des faits en 2007 et 2019. Son épouse est également renvoyée, accusée de viol.
Ouvert en octobre 2019 suite au placement en garde à vue du suspect accusé de viol, le dossier de Frédéric Brasilès vient de connaître une nouvelle étape. Saisie par la défense, qui conteste toujours le caractère non consenti des différents rapports sexuels reprochés par la justice, la chambre de l’instruction a renvoyé l’ancien élu toulousain pour viols devant la cour criminelle de la Haute-Garonne.
Dans cette décision, les juges de la cour d’appel estiment, comme le parquet de Toulouse dans son réquisitoire, puis le juge d’instruction qui a travaillé sur ce dossier dans son ordonnance de renvoi, que l’ancien conseiller municipal a contraint plusieurs femmes à des relations sexuelles non désirées. Ces victimes décrivent des rapports contraints de la part d’un homme qui revendique ses pratiques libertines et son goût des femmes.
Pas des relations consenties
Seulement les différents magistrats qui ont étudié ce dossier ont estimé que ces relations ne pouvaient être considérées comme consenties. Et cela même au sein du laboratoire de photo de cet artisan, spécialiste des portraits, des mariages et des photographies de nu souvent tendancieuses.
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Au départ des investigations, les membres de la police judiciaire ont entendu le témoignage d’une femme qui, plusieurs années après les faits, a dénoncé un viol. C’était en juin 2012 dans le studio de l’accusé. Son récit présente des similitudes avec d’autres faits reprochés par trois autres femmes.
Deux crimes concernent également des victimes mineures. Le premier a eu lieu lors d’un mariage, où Frédéric Brasilès assurait les prises de vues près de Toulouse. Après cette soirée, une jeune femme de 17 ans avait déposé plainte au commissariat central de Toulouse en juillet 2007. Malgré une garde à vue du mis en cause, le dossier avait été classé sans suite par le parquet. Cette fois, les juges estiment que cette relation, dans le parc d’un château, constitue bien un viol.
L’épouse également renvoyée
Une autre mineure, entendue dans le cadre de l’enquête, a raconté des soirées très sexuelles au domicile de Frédéric Brasilès. Alors âgée de 15 ans, la jeune femme s’occupait de l’enfant du couple. Seulement très vite, ces soirées de baby-sitting se sont prolongées par des relations sexuelles. Avec Frédéric Brasilès mais également avec son épouse, l’alcool aidant l’adolescente à se laisser aller à des jeux lubriques. La chambre de l’instruction estime d’ailleurs qu’il s’agit de viols par personnes ayant autorité entre octobre 2011 et décembre 2016.
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Cette décision ouvre la porte d’un procès sauf si la défense choisit de déposer un pourvoi en cassation contre ce renvoi. Les crimes reprochés sont punis d’un maximum de 20 années de réclusion criminelle. Au regard des programmes chargés de la cour criminelle de la Haute-Garonne, ce dossier ne devrait pas pouvoir être jugé avant la fin de l’année, voire lors du premier trimestre 2027. Depuis sa mise en cause, Frédéric Brasilès, qui vient de fêter ses 51 ans, n’a jamais été incarcéré.