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Selon une enquête du Telegraph, la Russie accélère la production de ses missiles les plus sophistiqués grâce à des équipements industriels fournis par la Chine. Une aide technologique discrète, mais qui confirme le rapprochement stratégique affiché entre Pékin et Moscou.
La montée en puissance des capacités militaires russes repose de plus en plus sur un soutien industriel venu de Chine. C’est ce que révèle une enquête publiée ce mercredi 28 janvier par The Telegraph, qui documente l’implication de Pékin dans la production de missiles hypersoniques russes capables de frapper l’Europe en quelques minutes.
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Au cœur de cette coopération figure l’Oreshnik, un missile balistique hypersonique nucléarisable, récemment utilisé contre la ville ukrainienne de Lviv, à proximité de la frontière polonaise. Selon le quotidien britannique, des machines-outils de haute précision fabriquées en Chine sont employées dans l’usine russe de Votkinsk, principal site de production de missiles du pays, pourtant sous sanctions occidentales. Ces équipements, notamment des machines CNC indispensables à l’usinage des ogives, permettent à Moscou d’accélérer ses cadences et de contourner les restrictions imposées par les États-Unis, l’Union européenne ou le Japon.
Un marché à plus de 10 milliards
L’enquête chiffre à plus de 10 milliards de dollars la valeur des technologies et composants avancés envoyés par la Chine à la Russie depuis le début de la guerre en Ukraine. Microprocesseurs, cartes mémoire, roulements à billes, cristaux piézoélectriques ou instruments de test électroniques figurent parmi ces livraisons, cruciales pour la fabrication de missiles, de drones et d’avions de combat. Autant d’éléments que la Russie peine à produire seule, en quantité et avec la précision requise.
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Ce soutien structurel, bien plus durable que la fourniture directe d’armes, a permis au Kremlin de renforcer son autonomie industrielle et de préserver son potentiel militaire malgré les sanctions. Plusieurs experts cités par The Telegraph estiment que sans l’accès au marché et aux capacités industrielles chinoises, la Russie aurait eu de grandes difficultés à soutenir l’effort de guerre.
Des liens qui se renforcent
Cette réalité industrielle fait écho aux signaux politiques envoyés par Pékin. À la fin de l’été 2025, Xi Jinping a convié Vladimir Poutine à un défilé militaire géant sur la place Tiananmen, aux côtés de Kim Jong-un. Une mise en scène spectaculaire qui illustre un rapprochement stratégique assumé face à l’Occident.
Derrière les discours sur la paix et la coopération, l’enquête du Telegraph montre ainsi que la relation sino-russe se traduit concrètement par un appui technologique décisif. Un appui qui renforce la capacité de nuisance de Moscou et pose, au-delà du conflit ukrainien, un défi direct à la sécurité européenne.