Les députés allemands ont adopté jeudi une loi visant à mieux protéger les infrastructures critiques dans un contexte d’actes de sabotage, notamment imputés à la Russie.

Publié le 29/01/2026 16:22

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Les députés allemands participent à la 161e session du Bundestag, le 21 septembre 2023. (BRITTA PEDERSEN / DPA)

Les députés allemands participent à la 161e session du Bundestag, le 21 septembre 2023. (BRITTA PEDERSEN / DPA)

En Allemagne, les députés ont adopté, jeudi 29 janvier, une loi pour mieux protéger les infrastructures critiques. L’examen de ce texte, qui était très attendu, intervient dans un contexte d’actes de sabotage, notamment imputés à la Russie. Ces derniers mois, plusieurs attaques ont visé des voies ferrées, des câbles de communication et des aéroports. Ces sabotages ont mis en lumière la vulnérabilité et le manque de préparation de l’Allemagne face à ce genre de crises.

Plus de 100 000 Berlinois plongés dans le noir et privés de chauffage, plus de téléphone ni de réseau internet… L’incendie criminel d’une centrale électrique, au début du mois, a semé le chaos pendant presque une semaine dans un quartier de la capitale. Les autorités ne veulent plus revivre pareil scénario.

Désormais, les agences de traitement de l’eau, les centrales électriques, les grands hôpitaux et certains supermarchés devront élaborer un plan de crise. Il prévoit la mise en place de mesures préventives avec des générateurs de secours comme des groupes électrogènes et la formation du personnel aux situations d’urgence. Sont concernées 1 700 structures, qui fournissent des services dits essentiels à plus de 500 000 personnes.

Premier soutien européen de l’Ukraine, militaire et financier, l’Allemagne est jugée particulièrement vulnérable. Le ministre de la Défense a mis en garde contre les attaques hybrides, les piratages informatiques, le sabotage de câbles et les drones espions. Pour sécuriser leurs infrastructures, les régions sont invitées à puiser dans le fonds spécial de 100 milliards d’euros débloqué par le gouvernement.

Pour le député vert Konstantin Von Notz, expert de son parti pour les questions de sécurité nationale, le projet de loi est « à des kilomètres du système unifié de protection des infrastructures critiques dont nous avons besoin d’urgence ». Les systèmes d’infrastructures modernes sont « si vastes, si complexes et si interdépendants » qu’il est pratiquement impossible de les sécuriser complètement contre toutes les menaces, explique cependant Daniel Hiller, spécialiste de la sécurité à l’Institut Fraunhofer. « Quiconque prétend qu’une protection à 100% est possible cherche à tromper les gens », ajoute-t-il.

Sabrina Schulz, directrice pour l’Allemagne du groupe de réflexion European Initiative, note qu’il faut donc avant tout créer des redondances, c’est-à-dire des systèmes parallèles capables de prendre le relais d’une installation en panne. Renforcer les infrastructures est « au moins aussi important que les chars et les drones, sinon plus », dit-elle.