Par

Paul-Emile Bouchy

Publié le

29 janv. 2026 à 16h29

Depuis le début du mandat de Mathieu Klein, le projet Emblème qui devait voir le jour place Simone Veil aura fait couler beaucoup d’encre. Son abandon semblait acté lorsqu’en novembre 2024, un accord de médiation avait été trouvé entre la Ville de Nancy, la Métropole du Grand Nancy et le promoteur Nouvel Habitat.
Mais en juillet 2025, le tribunal administratif n’a pas homologué cet accord jugeant qu’il « n’a pas pu conclure à l’existence de concessions réciproques et équilibrées entre les contractants ».
Depuis, la situation n’a pas évolué et Alexis Merlin, président de Nouvel Habitat, monte au créneau.

Favorable à la médiation mais sous certaines conditions

Comme il nous l’avait déjà confié après la décision du tribunal, Alexis Merlin n’a pas été surpris par la décision judiciaire et n’était pas favorable à ce passage devant le tribunal, qui n’était pas obligatoire. Aujourd’hui, il ne ferme pas la porte à une médiation : « Je suis d’accord pour repartir en médiation uniquement pour réécrire le protocole qu’on a discuté et pour lequel on s’est longuement accordé, pas pour refaire une médiation et repartir en discussion. »

Il souhaite conserver les mêmes contreparties mais en inscrivant dans le préambule le préjudice que son entreprise a subi. Avec deux cabinets d’experts, il a estimé celui-ci à environ 15 millions d’euros.

Une contestation du nouveau plan local d’urbanisme

Alexis Merlin évoque aussi le nouveau Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi-HD) adopté en novembre 2025 : « Pendant la médiation, j’ai découvert que la parcelle d’Emblème allait être réservée à un espace vert. J’ai demandé que cela soit modifié mais cela n’a pas été le cas et le PLUi-HD a été voté. J’ai donc entamé une procédure pour contester ce plan local d’urbanisme. »

Enfin, le promoteur et la Métropole ont déjà travaillé sur l’une des contreparties : la parcelle située dans le quartier Rives de Meurthe. Avant que l’accord ne soit pas homologué, un cabinet d’architecture avait été choisi pour dessiner un futur programme immobilier de 140 logements. « Pendant six mois, on a travaillé ensemble tous les 15 jours. Mais en septembre 2025, je reçois un mail de la collectivité disant qu’on stoppe tout. […] J’ai déjà investi 600 000 euros et on me demande de tout arrêter », se désole M. Merlin.

Je ne fais pas de politique. Le calendrier est un calendrier fixé au départ par rapport à un protocole et je dois mener ces procédures pour ne pas être forclos [être privé du bénéfice de l’exercice d’un droit pour ne pas l’avoir exercé dans un délai fixé, NDLR]. […] Quand on fait du logement, il y a derrière des gens qui se logent, des gens qui ne partent pas de la ville, des gens qui font travailler des entreprises locales. C’est donc de l’économie locale qui fonctionne. […] Comme je le dis souvent : les maires sans grues seront battus.

Alexis Merlin
Président de Nouvel Habitat

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La Ville de Nancy et la Métropole du Grand Nancy réagissent

De leur côté, la Ville de Nancy et de la Métropole du Grand Nancy rappellent qu’elles ont enclenché dès le mois de septembre 2025 une demande de reprise de la médiation. « On n’a jamais eu de retour du promoteur. Ce qui me paraît indispensable, c’est de tenir compte de ce qu’a écrit le tribunal et il a l’air de considérer qu’il fallait justifier l’accord par des documents et que le préjudice de Nouvel Habitat n’était pas complètement justifié par des pièces », explique l’avocat des collectivités.

Au sujet de l’emplacement Emblème, la Métropole explique que la parcelle est toujours constructible mais qu’elle est réservée pour avoir la possibilité de faire un espace public partagé.

Concernant la demande de stopper les études du futur programme immobilier, elle justifie cela par la non-homologation de l’accord dans lequel cette parcelle était cédée à Nouvel Habitat.

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