Elle a laissé sa trace dans l’histoire des sciences en France et en Alsace et son nom pourrait bien être inscrit prochainement sur la tour Eiffel. Marguerite Perey, radiochimiste française et professeure à l’Université de Strasbourg dans les années 1950, fait partie de la liste de 72 noms de femmes scientifiques, dévoilée ce lundi 26 janvier 2026 par la maire de Paris, Anne Hidalgo.
L’objectif de cette liste ? Faire graver les noms des savantes sur le deuxième étage du monument le plus emblématique de l’Hexagone. Seguin, Lavoisier, Sturm, Foucault… Sur la « Dame de Fer » sont déjà inscrits, depuis sa construction par Gustave Eiffel en 1889, les noms de 72 scientifiques masculins sous forme de frise dorée. Mais aucune femme n’y trouve sa place.
Il est ainsi question, avec ce projet initié par l’association Femmes & Sciences, de rompre avec l’invisibilisation des femmes scientifiques et de les remettre en lumière. « Nous avons besoin des scientifiques et des femmes pour penser le monde qui vient », appuie Anne Hidalgo.
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Marguerite Perey, chimiste nucléaire à Strasbourg
Parmi les 72 noms féminins figurent, évidemment, ceux de la prix Nobel Marie Curie et de sa fille Irène Joliot-Curie, de l’obstétricienne Angélique du Coudray, ou encore de la mathématicienne Sophie Germain, toutes ayant participé par leurs recherches à l’avancée des sciences.
L’une d’elles, Marguerite Catherine Perey, a un lien étroit avec l’Alsace, et avec l’Université de Strasbourg plus précisément. Radiochimiste née en 1909 et morte en 1975, elle commence sa carrière à l’Institut du Radium à Paris, en tant qu’assistante personnelle de Marie Curie.
En 1939, elle acquiert une réputation mondiale en découvrant le francium, 87e élément chimique naturellement radioactif du tableau périodique des éléments de Mendeleïev. Il s’agit toujours aujourd’hui du dernier élément existant découvert à l’état naturel.
« J’espère que le francium permettra en matière de cancer l’établissement d’un diagnostic précoce », témoignait-elle en 1962 dans les colonnes des Dernières Nouvelles d’Alsace. Elle-même était atteinte d’un cancer des os, d’où l’importante contribution de ses travaux dans la lutte contre cette maladie.
En 1949, elle est nommée professeure titulaire de la chaire de chimie nucléaire à l’Institut de recherche nucléaire de l’Université de Strasbourg, tout juste créé.
Première femme nommée à l’Académie des Sciences
On lui confie dès lors la mission de créer un laboratoire de recherche nucléaire afin d’étudier les applications chimiques et biologiques des isotopes radioactifs. Elle lance à cette occasion un cours intitulé « Chimie et physique des radioéléments », où elle est reconnue pour son excellence.
Marguerite Perey est nominée cinq fois pour le prix Nobel de chimie, mais ne sera malheureusement jamais récompensée. En 1962, elle devient la première femme à entrer à l’Académie des Sciences françaises.
Une postérité strasbourgeoise à la marge
À Strasbourg, peu de personnes connaissent encore le nom de Marguerite Perey, même si ce dernier résonne ici et là dans l’espace public. Une école élémentaire située dans le quartier de Cronenbourg porte en effet le nom de la radiochimiste. Dans le quartier de La Robertsau, il existe une rue Marguerite Perey, inaugurée le 14 janvier 1992.
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La liste va maintenant être soumise aux Académies des Sciences, des Technologies et de Médecine pour avis, avant que ne puissent commencer les travaux.
Si Marguerite Perey est aujourd’hui proche de tomber dans l’oubli, peut-être son inscription en lettres dorées sur la tour Eiffel, auprès de 71 de ses consoeurs, permettra-t-elle de la réintroduire en Alsace comme l’une des figures marquantes de son histoire.
Six savantes dans le Grand Est
En lorraine, Nicole Girard-Mangin, seule femme médecin à avoir servi lors de la Première Guerre mondiale, fait partie des 72 noms. Sont aussi citées l’ingénieure-mécanicienne Yvonne Odic et la mathématicienne nancéienne Lucienne Félix.
Dans l’Aisne, on note le nom de la chirurgienne esthétique et réparatrice Suzanne Noël, qui soigne « les gueules cassées » et l’ingénieure aéronautique Andrée Hoppilliard.
Originaire de Paris mais ayant travaillé plusieurs années en Moselle, l’ingénieure chimiste Anne-Marcelle Schrameck est aussi citée dans le document.