L’histoire de la marque héraultaise Silibiliz a commencé en 2022 avec un cabas à roulettes compartimenté et pliable confectionné à partir de bâches publicitaires. Trois ans plus tard, elle propose tout un catalogue de bagagerie et d’accessoires vélo en bâches de camions, liners de piscine, toiles de store ou en structures gonflables. « Ces matériaux sont très résistants mais ne sont pas recyclables. Ils finissent brûlés ou enfouis. Certaines bâches sont utilisées quelques heures pour des événements sportifs et sont jetées à l’issue alors que leur durée de vie pourrait être beaucoup plus longue », déplore Alan Albert.
Cet ancien préparateur physique du MHB, le Montpellier Handball, et d’un club féminin professionnel dans la Drôme, a pu le vérifier sur le bord des terrains. Reconverti dans le design écoresponsable et l’économie circulaire avec sa marque Silibiliz, il a ouvert en mai 2025 à Montpellier son propre atelier de fabrication de 130 m2 où ses deux salariées cousent et assemblent à la main trousses, porte-monnaie, sac à dos, bananes et sacoches vélo.
En trois ans, l’entreprise a écoulé près de dix tonnes de matériaux réemployés et multiplié par trois son chiffre d’affaires, qui frôle cette année les 100.000 euros. Sa clientèle est surtout constituée de professionnels, institutions ou collectivités que Silibiliz accompagne dans la revalorisation de leurs matières transformées en goodies ou en cadeaux d’entreprises responsables, sac de sports pour Hyundai ou cabas pour le Festival international des sports extrêmes.
Levée de fonds à l’étude
La marque montpelliéraine espère franchir une nouvelle étape grâce à un dispositif de l’Ademe décroché fin 2024, qui lui a permis de mener une étude de faisabilité pour un passage à une échelle semi-industrielle dans l’upcycling de bâches de réemploi. « L’étude étant validée, nous allons solliciter un financement pour l’achat de nouvelles machines de découpe et de thermosoudure afin de pouvoir proposer une gamme totalement étanche. Si nous l’obtenons, nous procéderons en parallèle à une levée de fonds auprès de business angels et un financement participatif », projette Alan Albert.
Parti de l’idée un peu folle de redorer l’image du cabas à roulettes – d’où le nom tiré de l’expression anglo-saxonne « Silly Billy » – l’entrepreneur veut croire en ses atouts pour devenir une future référence du réemploi à l’échelle nationale. Avec l’ambition de valoriser d’ici trois ans entre quarante à soixante tonnes de matériaux chaque année. « Le plus dur dans une phase de croissance, c’est de maintenir sa trésorerie. Nous voulons continuer à nous développer en trouvant de nouveaux marchés et de nouveaux clients mais à un rythme tranquille, sans brûler les étapes », assure Alan Albert.
Johanna Decorse
Sur la photo : À l’origine de la marque de bagagerie Silibiliz, Alan Albert a fait des bâches publicitaires sa matière première. Crédit : Silibiliz – DR.
