Par
Lucie Fraisse
Publié le
29 janv. 2026 à 18h15
On connaît désormais la date officielle de son départ. L’astronaute Sophie Adenot — qui a fait une partie de ses études à Toulouse — décollera pour la Station spatiale internationale (ISS), le 11 février 2026, au plus tôt. Elle sera alors la deuxième Française à s’envoler pour une mission de longue durée dans l’espace : son séjour est prévu pour durer huit mois ! Pendant ce laps de temps, la Française mènera environ 200 expériences à bord de l’ISS. Une partie d’entre elles ont été développées dans la Ville rose et seront suivies depuis Toulouse, au Centre national d’études spatiales (Cnes). Plongée dans les coulisses du site toulousain de l’agence spatiale française.
1 700 personnes y travaillent chaque jour
C’est un grand foncier de près de cinq hectares, situé à la limite avec Ramonville-Saint-Agne. Chaque jour, 1 700 personnes viennent travailler sur le site toulousain du Centre national d’études spatiales. Et un jeudi par mois, quelques visiteurs peuvent découvrir les coulisses de cet univers pas comme les autres.
Accompagnés par un médiateur de la Cité de l’Espace, ils peuvent, en groupe, visiter les installations les plus emblématiques du site. Avec, par exemple, le bâtiment d’intégration des satellites dans lequel on peut apercevoir une salle où des satellites sont conçus, assemblés et testés. Ou encore une salle de contrôle, là où les mises à poste des satellites — quand ils sont décrochés de la fusée qui les lance — sont réalisées.

1 700 personnes travaillent sur le site toulousain du Cnes. (©L.F./Actu Toulouse)La salle Cadmos, au cœur de l’ISS
Mais le clou de la visite, c’est la salle de contrôle du Cadmos (Centre d’aide au développement des activités en micropesanteur et des opérations spatiales), le centre dédié aux vols habités. En clair, une salle en lien direct et permanent avec la Station spatiale internationale. On peut y voir des images en direct et, avec un peu de chance, entendre les astronautes présents à bord.
« Il faut bien comprendre que l’ISS est un laboratoire scientifique, explique Emmanuel Thulliez, responsable des opérations vols habités au Cnes. Nous faisons l’interface entre les astronautes et les chercheurs. »
Des expériences conçues à Toulouse

Une cinquantaine de personnes travaillent au Cadmos. (©L.F./ Actu Toulouse)
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Mais attention ! Les ingénieurs du Cnes sont extrêmement rarement en liaison directe avec les astronautes lorsqu’ils sont dans la station spatiale. En général, une seule personne — souvent un ancien astronaute — est autorisée à communiquer directement avec l’ISS, afin d’éviter de multiplier les situations de stress.
Lorsqu’elle sera dans la Station spatiale internationale, Sophie Adenot participera à environ 200 expériences. Six d’entre elles ont été préparés à Toulouse et seront suivies par le Cadmos. C’est d’ailleurs l’une des spécificités du site toulousain du Cnes : c’est le seul centre d’opérations européen de l’ISS à combiner développement des expériences et suivi opérationnel.
Les équipes du Cadmos peuvent aussi former les astronautes à la réalisation des expériences, avant leur départ vers l’ISS.
Combinaison Décathlon…
Historiquement, le domaine d’expertise du Cadmos, c’est la physiologie. Le Cnes travaille notamment en lien avec le Medes, la clinique du spatial basée à Toulouse. Plusieurs des expériences « made in Toulouse » menées par Sophie Adenot, seront donc dans ce domaine.
Mais l’astronaute française étudiera aussi de nouvelles technologies, pensées pour le futur de l’exploration spatiale habitée, comme un prototype de textile de combinaison intravéhiculaire, imaginé avec… Decathlon !
Et houmous dans l’ISS
Aussi, dans la perspective de missions longue durée, Sophie Adenot devra tester le Foodprocessor, un robot culinaire, toujours sous le bon contrôle des équipes du Cnes, à Toulouse. Avec cet outil, elle devra réaliser du houmous à bord de l’ISS. Une recette qui a la particularité de pouvoir être cuisinée avec des aliments qui pourraient un jour être cultivés à bord de la Station spatiale internationale…
La montée de Sophie Adenot à bord de l’ISS est une belle vitrine pour le travail du Cnes à Toulouse. Pour autant, l’agence spatiale française ne conçoit pas ses expériences uniquement pour les astronautes français. Toulouse dans l’ISS, c’est une histoire en continu qu’il y ait des représentants tricolores à bord ou non.
Infos pratiques :
Visite du Cnes en partenariat avec la cité de l’Espace, plus d’infos sur le site dédié.
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