Karim Harrat, 37 ans, a été condamné jeudi à 10 ans de prison

Pillot – LP – REYJ – REY Jérôme

Considéré par le tribunal comme « donneur d’ordres principal d’un  réseau » de stupéfiants, le Marseillais Karim Harrat, 37 ans, a été condamné jeudi à 10 ans de prison avec une mesure de sûreté aux deux tiers et à une amende d’un million d’euros.

Alors qu’il contestait porter le surnom « Rant », diminutif de Rantanplan, associé au téléphone crypté qu’utilisait le patron de ce vaste réseau pour communiquer avec ses lieutenants, le tribunal de Marseille a estimé qu’il était « démontré, sans aucun doute possible, l’attribution aux prévenus des identifiants de la messagerie Sky ECC », réputée inviolable avant d’être décryptée par les enquêteurs en 2021. Ce qui attestait de leur participation à un trafic.

Contrairement aux affirmations de ses avocats selon lesquels Karim Harrat se serait vu affubler de ce surnom par un ancien trafiquant repenti, ensuite propagé par la presse, le président du tribunal a assuré que « loin de reposer sur la seule documentation policière ou la couverture médiatique », le lien entre les surnoms de la messagerie et les prévenus est fondé sur « un ensemble d’éléments matériels précis dont la conjonction et la concordance excluent tout hasard ».

Ainsi le téléphone de Rant contenait des informations sur la garde à vue de la compagne de Karim Harrat ou sur la reconnaissance de son fils en 2020 à la mairie de Perpignan par un tiers se faisant passer pour lui.

Les autres peines

Karim Harrat, a précisé le président à l’énoncé du jugement, « était le donneur d’ordres principal du réseau, pilotant l’organisation depuis l’étranger, n’hésitant pas à recourir aux menaces, voire à la violence au moyen d’intermédiaires ». Contrôlant plusieurs points de vente à Marseille, il était « également impliqué dans des filières d’importation en tonnes ».

Des peines de sept et huit ans d’emprisonnement et des amendes de 50.000 et 100.000 euros ont été prononcées contre les deux principaux lieutenants de Karim Harrat, ayant assuré des missions de stockage, de transport des stupéfiants ou des collectes de fonds.

Le fournisseur ayant diffusé la technologie Sky ECC sur la place marseillaise auprès de narcotrafiquants a été condamné à sept ans de prison et à une amende 50.000 euros. Il avait comparu libre mais, absent à l’énoncé du jugement, le tribunal a délivré un mandat d’arrêt. Un cinquième prévenu qui avait pris la fuite avant les interpellations, revendeur grossiste à Nice, est condamné à dix ans de prison avec une mesure de sûreté des deux tiers et 300.000 euros d’amende. 

Le président a souligné que le trafic de drogue est « un phénomène à l’origine d’innombrables atteintes aux biens et aux personnes qui fragilisent quotidiennement l’Etat de droit, en particulier à Marseille ».