Chercheuse en culture gastronomique, rédactrice et éditrice culinaire, coautrice de l’ouvrage Ukraine, cuisine et histoire (éd. de la Martinière), l’Ukrainienne Olena Braïtchenko habite la capitale, Kyiv. Elle est ce week-end à la Friche la Belle-de-Mai à Marseille. Dans le cadre du festival Voyage en Ukraine, elle animera notamment un dîner ukrainien aux Grandes tables concocté par trois chef(fe)s ukrainiens, Lola Landa, Nika Lozovska, Vitalii Nuzhnij. Pour La Provence, elle évoque la gastronomie de son pays en guerre, sa part de futilité comme d’irréductible résilience.

Parler gastronomie et vin d’un pays en guerre depuis 4 ans, est-ce décalé ou au contraire, est-il important de préserver cet art de vivre ?

J’ai fait des études d’histoire, et je me souviens très bien du jour où j’ai lu le journal intime de l’un des acteurs du paysage politique ukrainien pendant la Première Guerre mondiale. Ses notes dataient de 1917-1918. Et dans ce journal, je suis tombée sur le récit d’une rencontre dans un restaurant. Je me souviens à quel point ce détail m’avait frappée. Je m’étais alors dit : « Est-ce vraiment possible d’aller au restaurant quand la guerre fait rage ? Comment est-ce seulement…